Co-paternité : quand l’amour n’a rien à voir avec le fait d’être père

“Nous vous aidons à réaliser votre souhait d’être père/mère avec une personne comme vous”. Voici comment se présente le panneau d’affichage d’une société de co-paternité en Espagne

La co-écriture est une pratique véritablement déviante mais de plus en plus répandue dans le monde. Elle se définit comme la participation à la paternité ou à la maternité d’un enfant, de sa conception à son développement, sans qu’il y ait aucun lien amoureux ou familial entre les coparents.

Ces types d’entreprises suggèrent la coparentalité en indiquant qu’il s’agit d’une bonne occasion de réaliser le désir d’avoir des enfants, réduisant un acte généreux comme la parentalité et la maternité à quelque chose sans substance, comme la réalisation égoïste d’un désir ou d’un intérêt.

Les bénéfices que promet la co-paternité reposent sur le bénéfice supposé qu’apporte l’inexistence d’un lien amoureux avec “l’autre partie au contrat”, déconnectant complètement la nature conjugale de la paternité ou de la maternité et la valeur de la famille est éliminée environnement.

Le contexte dans lequel se situe l’enseignement chrétien sur la paternité est que Dieu a voulu utiliser l’amour conjugal pour donner aux époux la capacité de procréer, ce qui suppose la participation à son projet créateur.

Quand l’enfant exauce un vœu

Cette action en elle-même donne à la personne un sens élevé de la dignité car faire passer le souhait d’un enfant avant tout peut conduire, même inconsciemment, à une connotation d’esclavage, car les enfants ne sont plus un cadeau dont il faut prendre soin, mais une simple objection à rencontrer la volonté des parents, en l’occurrence les coparents.

L’enfant est « choyé », créé à partir d’un contrat et né de l’entêtement humain à rechercher la satisfaction adulte à travers une paternité et une maternité déconnectées de tout.

La vocation au mariage chrétien est un don surnaturel qui confère au couple une série de “superpouvoirs” qui lui permettent de connaître la fécondité conjugale même dans les cas où il n’est pas possible pour des raisons physiologiques d’avoir des enfants.

Pour un chrétien, le mariage n’est pas seulement une institution sociale, ni un contrat de cohabitation avec tous les points cristallins. Les seuls points clairs sont la fidélité, l’ouverture aux enfants et l’engagement dans l’éducation chrétienne de chaque postérité. A partir de cette prémisse, c’est Dieu qui construit la famille.

Nous sommes faits pour aimer : c’est indéniable, car c’est inhérent à l’homme. En fait, la plénitude de notre vie consiste à pouvoir aimer et à se savoir aimé. Face à cette vérité universelle, fermer complètement la porte à ce que nous avons de plus grand, l’amour, c’est réduire la paternité ou la maternité à un pur égoïsme. L’égoïsme est l’antithèse de l’amour, qui est plutôt désintéressé.

Qu’est-ce qui nous a amenés ici ?

Comme le disait Fabrice Hadjadj : « Ce qui est essentiel ou naturel n’est pas sujet à déconstruction. La seule façon de le déconstruire est de le détruire complètement. Or, puisque l’homme doit être détruit avec la famille, il suffit généralement de défigurer ou en faire une parodie.

La co-paternité fait de l’enfant un simple produit au sein d’un projet ou d’une ambition que l’on souhaite réaliser à la suite d’une pure réalisation en laboratoire. Sans union entre l’homme et la femme, nous sautons d’un coup l’épreuve la plus révélatrice et inhérente à l’homme : l’aventure de notre humanité.

Quand on parle de transcendance d’une vie humaine, on est toujours confronté à quelque chose qui nous dépasse. Actuellement, avec ce genre de “techniques de reproduction”, nous sommes invités à ne pas faire face à ce qui nous dépasse, à vivre les conditions de manière simplement fonctionnelle mais non existentielle. À quel point cela peut-il être dangereux ! C’est comme mettre un bandeau sur les yeux !

L’aventure de l’être commence dans la famille. Là, nous pratiquons le meilleur que nous ayons : l’amour. Comme nous l’avons dit, la famille n’est pas fondée sur un “contrat parfait”.

Comme il est merveilleux que toutes nos limites ne puissent être dépassées par la simple signature d’un accord ou par des solutions techniques ! Car ce n’est qu’ainsi, face à nos problèmes et à nos misères, que nous laisserons place à la Miséricorde et que nous sortirons vainqueurs d’une vie plus pleine et plus haute que nos succès et nos projets.

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