La proximité ne s’exprime pas seulement en termes de structures

par Mario Oppes

08 JUIN

Cher directeur, je
Le risque que l’adoption d’un nouveau modèle territorial de soins de santé passe sans une comparaison adéquate est tangible. Je n’échapperai donc pas à la tentation d’avancer quelques considérations. Le Service national de santé – présentant le document préparé par le Département de la santé conformément à la Conférence nationale/régionale – vise à fournir des services universellement accessibles, intégrés et centrés sur la personne, en réponse à la plupart des problèmes de santé de l’individu et de la communauté, à travers le développement de ouvrages de proximité.

Mais la proximité, maître-mot du projet de réforme des aides territoriales, peut-elle s’exprimer en termes de structure ? Comment imaginer que le besoin de rapprocher les soins du milieu de vie des malades puisse être satisfait par la simple création de nouvelles structures ? Nous convenons tous que la pandémie de Covid-19 nous a confrontés à une réalité que beaucoup ont longtemps tenté d’ignorer. Maintenant, nous sommes enfin convaincus de la nécessité de surmonter les critiques du système de santé territorial (mais le système hospitalier y est certainement pour beaucoup aussi) et de la possibilité de pouvoir investir une quantité de ressources que je connais en quarante ans de la profession médicale plus. jamais vu disponible, permet enfin de repenser le système de santé.

Si les principes qui sous-tendent la proposition (université d’accès, intégration des interventions, centralité de la personne) sont certes acceptables, certains problèmes surgissent lorsqu’on tente de les convertir en un véritable modèle de soins. Le premier sentiment est que vous souhaitez investir dans des structures plutôt que dans des personnes. En fait, l’articulation du système prévoit la confirmation des districts (avec de nouvelles tâches), la création de maisons communautaires, de centres opérationnels territoriaux, de 116117 centres opérationnels, d’hôpitaux communautaires.

Toutes les structures qui se verront confier des tâches de coordination : le district (au sein duquel seront implantés les centres communautaires, les centres opérationnels territoriaux et les hôpitaux communautaires) veillera à l’intégration des différentes structures de santé pour assurer une réponse coordonnée et coordonnée aux besoins de la population et coordonnera également les médecins généralistes et pédiatres de libre choix avec les établissements de santé en gestion directe ; la Maison Communautaire anime le réseau des professionnels travaillant au sein ou dans des réseaux équivalents du réseau en étoile ou avec d’autres structures territoriales ; le Centre des Opérations Territoriales aura pour mission de coordonner l’orientation des personnes et des interventions.

Pour le moins confuse, la traduction du principe de prise de tête apparaît. La Maison Communautaire le garantit via l’infirmier de district (qui agit en facilitant et en surveillant les processus de transfert et de continuité des soins ; l’Unité de Continuité (un médecin et un infirmier du district travaillant en collaboration avec le médecin généraliste ou le pédiatre de choix) soutient (mais ne remplace pas) les professionnels chargés de la réadmission ; les Centres Opérationnels Territoriaux seront chargés de coordonner la réadmission des personnes.

L’interprétation des modalités de prise en charge proposées pour les patients placés dans les Hôpitaux Communautaires est encore plus incertaine : la responsabilité sanitaire, hygiénique et clinique incombe au médecin (on ne sait pas comment il est identifié), à l’infirmier, qui contacte les Opérations Centre. Territorial, assure les transitions de soins (?) Assure l’orientation et la continuité des soins. Une assistance médicale sera fournie aux médecins dédiés pendant la journée et aux médecins la nuit pour la continuité des soins. Une complexité qui remet sans doute en cause le type de relation que l’on peut nouer avec les malades. Quelles (ou doit-on penser combien ?) de références professionnelles le patient aura-t-il et avec qui pourra-t-il établir la relation fondamentale (basée sur la confiance) ? Et la proximité s’entendra-t-elle comme la proximité d’un établissement dispensant des services de santé au domicile du patient ? Ne risque-t-on pas de donner au concept de proximité un sens purement géographique ?

La proximité – a rappelé le pape François – signifie que “prendre les devants” n’est plus une affaire bureaucratique et devient rencontre, orientation, partage. Se rapprocher, a encore dit le pape, signifie aussi briser les distances, s’assurer qu’il n’y a pas de patients de “série A” et de “série B”, faire circuler l’énergie et les ressources pour que personne ne soit exclu des soins sociaux et de santé. Il ne s’agit donc pas de définir la proximité au mètre, mais à la relation.

Construira-t-on éventuellement autant de conteneurs, aussi difficiles soient-ils à remplir, compte tenu des difficultés actuelles à trouver du personnel de santé qualifié ? Et quel contenu aimerions-nous avoir ? Il serait souhaitable d’imaginer que des professionnels de santé motivés, débarrassés de lourdeurs bureaucratiques inutiles et dangereuses, souvent focalisés sur un contrôle “corporatif” de la “productivité”, qui menace de fausser la profession, créant une confusion sur les finalités qui seraient nécessaires. poursuivre.

Estimant qu’il sera difficile d’avoir de telles opportunités, au moins dans les dix prochaines années, il peut être nécessaire de repenser les choix à faire et de reconsidérer certains aspects de la réforme, peut-être sur la base de l’hypothèse fondamentale selon laquelle les soins sont avant tout une question de relation entre les personnes.

Mario Oppes

Ancien Directeur d’une Structure Complexe d’Hospitalisation et de Médecine et Chirurgie d’Urgence
Vice-président national de l’Association italienne des comités de bioéthique et d’éthique (SIBCE)

08 juin 2022
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