Réfugiés, plus de 14 000 migrants, de nombreux enfants et adolescents, déplacés d’Algérie et de Libye vers le Niger entre janvier et mai 2022

Accra, Ghana) – Il n’y a pas de paix – et il n’y a pas de refuge – pour les migrants qui cherchent une voie d’évacuation, une voie de sauvetage vers l’Europe via l’Afrique du Nord. Les gens qui ont peu d’opportunités : compter sur les trafiquants, rester dans ces camps de concentration qui ont été réduits en esclavage et contrôlés par des gardes armés et impitoyables et espérer queHCR peuvent les sortir de là ou être renvoyés d’où ils viennent. Et c’est ce qui est arrivé à tant d’entre eux ces dernières semaines. Des milliers d’entre eux.

Médecins Sans Frontières le dénonce† Selon l’organisation humanitaire (MSF), au moins 14 000 migrants, dont des mineurs, ont été expulsés d’Algérie et de Libye vers le Niger entre janvier et mai 2022. Des gens qui en fait restent largement bloqués dans le désert du Sahel. Sans réel objectif. Sans orientation. Médecins Sans Frontières dénonce et souligne les traitements inhumains subis par les migrants et affirme qu’au moins 2 000 personnes sont expulsées chaque mois. Aucune distinction et aucune pitié. Des enfants ont également été expulsés, a-t-on dit, et des personnes gravement blessées, ou qui ont été violées ou agressées et qui ont subi de graves traumatismes. Habituellement – selon une note de l’organisation – ils sont arrêtés en Libye ou en Algérie et détenus pendant des jours, des semaines ou des mois dans des centres de détention avant d’être chargés, souvent en pleine nuit, dans des bus ou des camions et placés dans un lieu le désert du Sahel à la frontière avec l’Algérie et le Niger connu sous le nom de “Zéro point

38 corps retrouvés de personnes qui s’étaient égarées. De là, ils doivent marcher environ 14 kilomètres pour atteindre le village d’Assamaka dans la région d’Agadez au Niger. Certains sont perdus en cours de route : 38 corps ont été retrouvés entre 2020 et 2021. D’autres ne sont jamais retrouvés. Et près de 70% des migrants qui ont reçu une assistance médicale de Médecins sans frontières ont déclaré avoir subi des violences et des traitements humiliants de la part des gardes algériens et libyens. “Il ressort clairement de leur état physique et mental qu’ils ont traversé l’enfer”, a déclaré Jamal Mrrouch, chef de mission MSF au Niger. Pour ces migrants, humiliés puis expulsés, il n’y a aucune possibilité d’accéder à des soins médicaux réguliers, compte tenu de leur statut légal.

L’intervention du système humanitaire est fondamentale. Dès lors, l’intervention des organisations humanitaires qui ont permis d’apporter de l’aide et d’essayer de soulager tant de douleur, au moins physiquement, reste fondamentale. Mais ces organisations ne peuvent rien faire face aux refoulements et à la violence continue dont sont victimes les migrants. Et le soutien psychologique que l’on essaie d’apporter, même s’il est utile et indispensable, risque d’être discontinu et surtout de ne pas déterminer un état d’incertitude et de peur constante. La plainte de MSF va aussi dans le sens d’exhorter l’Union européenne, mais aussi ses partenaires humanitaires, à prendre des mesures immédiates « pour respecter la dignité humaine lors des contrôles aux frontières. Nous ne pouvons pas simplement continuer à ignorer cette situation, en supposant que le problème se résoudra de lui-même », lit-on dans la note de MSF.

Le nombre de morts et de disparus. En attendant, les chiffres de l’OIM ne sont pas rassurants (L’organisation internationale de la migration† A ce jour, 1 093 migrants sont morts ou ont disparu le long des routes migratoires menant vers l’Europe (3 157 en 2021). Rien qu’en Méditerranée centrale, atteignant la côte sicilienne depuis Tripoli, 677 personnes sont mortes depuis le début de l’année. Ensuite, il y a les victimes de l’océan Atlantique, la route ouest-africaine, qui atteint les îles Canaries (297 victimes), d’où partent principalement des personnes du Maroc, du Sahara occidental, du Sénégal, de la Gambie, de la Mauritanie. Celle de la route de la Méditerranée occidentale (64 victimes) à partir de laquelle vous tentez de rejoindre l’Espagne et où vous êtes souvent bloqués dans les infâmes enclaves de Ceuta et Melilla. Et où la violence du justicier espagnol et de la sécurité est connue. Enfin, 55 personnes ont été tuées ou portées disparues sur la route de la Méditerranée orientale, c’est-à-dire la route liée aux arrivées en Grèce, à Chypre et en Bulgarie. La route, pour ainsi dire, à partir de laquelle des milliers de personnes fuyant la guerre en Syrie ont essayé d’atteindre. Un parcours maîtrisé par la Turquie grâce à l’accord de 2016 avec l’Union européenne, dont les responsables ont toujours souligné son succès. Ce n’est pas le cas des organisations non gouvernementales, six ans après un accord qui aurait dû être “extraordinaire et temporaire”.

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