Joie après la tempête. La naissance de mon bébé arc-en-ciel

J’ai 3 enfants, le premier a 11 ans, le deuxième 6 ans et le troisième a déjà un mois environ un an. Mon mari et moi sommes deux enfants uniques et l’idée d’avoir une famille nombreuse a toujours été un désir chez nous depuis le début de notre histoire. Tommaso est né en mars 2011 : c’est une grossesse magnifique, je tombe enceinte tout de suite.

Nous décidons d’attendre une situation de travail plus stable pour moi avant d’essayer de donner un frère à Tommaso. Quand le bon endroit et le bon contrat arrivent, on commence à essayer… mais, contrairement à la première expérience, la grossesse s’est fait attendre et après plusieurs mois je suis enfin tombée enceinte : Achille est né en mars 2016.

Après quelques années mon mari me demande si j’aspire encore au troisième enfant† Et malgré quelques craintes initiales (j’ai eu deux parties difficiles), nous décidons que notre premier souhait doit se réaliser.

Novembre 2018 : test positif. Nous communiquons avec enthousiasme la merveilleuse nouvelle à toute notre famille lors du déjeuner de Noël. Joie qui ne dure pas longtemps, car lors des contrôles de routine le cœur perd de la force et ma chérie ne grandit pas. Le 21 janvier, la sentence… gratte.

Curetage fait à 19h, hospitalisé à partir de 6h à jeun. Intervention faite dans la salle d’opération où j’avais accouché quelques années plus tôt et où j’entendais des voix de bébés qui pleuraient. Une douleur terrible : ils me retiennent même la nuit car il est maintenant tard pour démissionner. Pour la première fois, je quitte cet hôpital les bras vides. C’est une douleur immense… indescriptible.

Parfois je pense que je n’ai pas encore digéré parce que ça fait toujours aussi mal, et aussi parce que j’ai lu ça, pendant les semaines où j’étais, j’aurais pu demander un traitement différent par rapport à ce que j’ai fait… C’était mon fils.

Alors je décide que je ne veux plus essayer. A beaucoup de peine. Fatalité : je vois des gros ventres et des bébés partout† Une de mes meilleures amies donne naissance à Anna quelques jours plus tard. Elle n’ose même pas me le dire, elle écrit à mon mari…

Il était clair que je n’avais pas envie de lui rendre visite. Il est difficile de se rendre dans un tel département (il n’y avait pas encore de Covid donc on pouvait encore visiter). Je ne veux pas sortir jusqu’à ce qu’en insistant, mes amies me convainquent d’aller manger une pizza pour la journée de la femme.

Il y a aussi Anna, 45 jours de douceur. Sa mère, mon amie, est assise à côté de moi. Elle a une robe avec un décolleté étroit, elle doit l’allaiter, elle n’arrive pas à sortir ses seins. “Voulez-vous me le garder pendant que j’essaie de m’installer?” me dit-il. Que dois-je faire ? Est-ce que je te dis non ? “Bien sûr”. Je le prends et je sens ce merveilleux parfum que les bébés ont… Je jure que c’est comme une drogue… Je n’arrête pas de le sentir, mon cœur bat si vite…

Je suis tellement excité que je suis ému. Je comprends que je ne peux pas me résigner. Je vais devoir réessayer. Juin 2019, enceinte… ou plutôt enceinte mais la salle a toujours été vide. Pas un petit cœur ne commence à battre.

Ainsi, avec les soins bucco-dentaires, je peux “nettoyer” moi-même. C’est décourageant, mais c’était moins difficile à gérer car je n’ai pas vu ni entendu les cœurs battre… psychologiquement, ce n’était pas une mort… physiquement, cependant, un autre coup dur.

Cette fois, nous faisons une pause de quelques mois et décidons d’attendre la fin de l’année. Janvier 2020 : test positif. Un petit coeur qui bat, des dimensions parfaites. Mais attendons de l’officialiser au vu des expériences passées…

Covid arrive en Italie. Je travaille au centre commercial. Panique, arrêt. Je ne me sens pas bien du tout. Je suis très faible, fatigué, étrange. Le gynécologue décide, au vu de mon précédent polyavortement et de la situation de travail, de me placer sur une grossesse précoce. Dans quelques semaines, je ferai la paperasse, le tout en ligne…

Masques, distanciation, échographie seulement… jusqu’au jour où je vois du sang, beaucoup, du rouge, de plus en plus… J’entends mon gynécologue, il me dit de courir à l’hôpital, en plein Covid. Je perds mon bébé. Encore…

Un coup de tonnerre. Ils m’ont renvoyée chez moi et m’ont dit que l’avortement était déjà en cours et que je ferais le ménage après moi. Je suis dévastée… mais mon gynécologue m’a donné tellement de force qu’il m’a convaincu de me donner une autre chance… et c’est ce qu’il a fait. Juillet 2020 enceinte. Avril 2021… mon bel arc-en-ciel est né : César est arrivé après la tempête.

par Giorgia

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