Venditti et De Gregori, certains amours ne finissent pas : ils font des tours énormes puis retournent à l’Olimpico

Certains amours ne finissent pas, ils font des tours énormes et reviennent invariablement. Et l’amour entre Antonello Vendittia Et Francesco De Gregoric c’est l’un d’entre eux, une attraction artistique qui dure depuis les années 1970 et que même lorsqu’elle semble échouer en réalité, elle ne se régénère qu’à sa puissance maximale. Jamais amis ? Au contraire : toujours amis. Ils ont commencé avec le “piano sur l’épaule” il y a cinquante ans au Folkstudio de Trastevere, et maintenant ils sont de retour sur scène pour toute une tournée, après une ouverture qui ne pouvait être qu’à Rome. Pour eux le stade olympique.

Et c’est pour cet amour sans fin qu’Antonello et Francesco reviennent aujourd’hui pour chanter ensemble dans un monde complètement changé par les rêves de l’ère de Campus Théorius, leur premier album au double titre. Venditti et De Gregori ont écrit, joué et chanté des chansons qui racontaient l’histoire d’un pays et de son changement. Moduler le parcours politique et social en accords et en rimes de l’intensité des années 1970 et aussi dans le recul apparent des années 1980.

Trop de fois ensemble, De Gregori et Venditti ont mis en lumière une poésie offensée par l’actualité : voici donc les dernières Sainte-Luciele lancement de l’amour au-delà de la limite du ciel de la femme au pistoletAlice qu’avant d’être une excellente franchise de pizzerias, c’était un voyage onirique dans une vision sans limites, émergeant du terrier du lapin dans la chanson collective de tout un pays, un pays qui “ne sait toujours pas”.

Au fil des ans, De Gregori et Venditti ont survolé les rêves des générations et la crise des idées, en commençant par le concert de Bob Marley à San Siro, puis en remontant de Modène pour voir les couleurs changeantes du paysage politique d’en haut. Ils sont dans l’abîme social de Titanesque, ils ont amené l’Italie sur la lune. Ils sont partis de la rue de Sous le signe des Poissons puis retourner dans le monde totalement différent de L’anniversaire de Christine† Ils ont chanté qui nous étions, qui nous sommes et qui nous serons, une musique et des mots arrangés d’idées en émotions sans frontières générationnelles. Et puis on se souvient du regret et de ce pouvoir magique des auteurs-compositeurs que peu parviennent à évoquer et qui parviennent encore à transformer la désillusion d’hier en espoir pour demain.

Et en plus des grandes chansons héritées de tout le monde, il y a aussi des chansons inédites, des reprises et des camées, magnifiquement les gravures de Venditti dans la version de Lella gravé par Édouard De Angelisaliéner de la rouge corail par De Gregori puis enregistré par son frère Luigi Grechic† L’art de l’écriture de chansons est le pilote pour les deux et ils transmettent tous deux l’amour pour les grands auteurs anglo-saxons – je Simon & Garfunkel dont l’album commun des deux est si complet, alors bien sûr Dylan et Elton Johnmais aussi Leonard Cohen, Billy Joel, Springsteen Et son Petit Steven

Cependant, la passion du son touche aussi les oreilles, car De Gregori et Venditti sont des auteurs-compositeurs mais aussi deux musiciens experts, élevés à l’ère du plus grand soleil du rock et dans le vent du folk. Et donc oui, les belles plumes, mais aussi le goût de l’onde sonore et l’utilisation du studio d’enregistrement comme instrument, des références à l’Electric Light Orchestra (écouter Ma religion par Venditti, avec ce son à la ne me déprime pas) et dans les œuvres les plus récentes de De Gregori, cette élégance rock qui vibre dans les classiques de Jimmy Webbà l’ombre de Johnny Cash puis clairement sous le charme de blonde sur blonde sur cette route au-delà du temps et de l’espace pour voir M. Tamburino dans son rêve dylanien.

Et bref, l’amour entre Venditti et De Gregori est né sous le signe de la musique mais est vite devenu fraternel et certes entre frères les couteaux sont indispensables, mais ils ne pourront jamais graver un lien aussi étroit.

donc à l’intérieur moi et mon frèrede l’album Quelle belle histoire la vie est, les deux se passent le micro comme une bouteille de vin et se racontent sans se ménager, tout en se versant “ouvertement” à boire en “jouant des pas à celui qui est avec vous”. Les voici Antonello et Francesco, prêts à chanter à nouveau pour nous qui nous sommes vraiment. Le Gregori dit le Prince et Venditti Antonio dit Antonello (mais aussi “le cicalone” ou Toshiro, comme Mifune), pour nous faire comprendre qui nous étions, et refaire rêver qui nous aimerions être. Facile pour eux, comme fumer une cigarette ensemble. Et comme si ce n’était pas un miracle de réussir.

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