Ce “oui” qui donne un sens à la vie

“Dire oui au service et à la responsabilité et ‘non’ à la superficialité et au gaspillage”: c’est ce que le Pape a demandé aux participants de la Conférence des jeunes leaders syro-malabares – qui réunit des jeunes de la diaspora de l’Église de rite oriental de l’Inde – ce matin , samedi 18 juin, reçu en audience à la Sala Clementina. Voici ses mots.

Bliss, Excellences, chers jeunes, bonjour et bienvenue !

Je remercie Mgr Bosco Puthur pour les paroles de salutation et d’introduction.

En tant que jeunes responsables des différentes éparchies syro-malabares de la diaspora et de la visite apostolique en Europe, vous êtes venus à Rome avec vos pasteurs. Dans chaque pèlerinage, c’est avant tout le Seigneur Jésus que nous cherchons, Lui qui est le chemin, la vérité et la vie. Nous voulons le suivre et parcourir son chemin, celui de l’amour, le seul chemin qui mène à la vie éternelle. Ce n’est pas une route confortable, mais c’est fascinant, et Il ne nous abandonne jamais, ne nous laisse jamais seuls. Si nous lui faisons de la place dans notre existence, partageons avec lui joies et peines, nous connaîtrons la paix que seul Dieu peut donner.

Jésus n’a pas hésité à demander à ses disciples s’ils voulaient vraiment le suivre ou s’ils préféraient prendre un autre chemin (cf. Jon 6, 67). À ce moment, Simon-Pierre eut le courage de répondre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (v. 68). Moi aussi aujourd’hui, à une époque caractérisée par une culture “liquide” voire “gazeuse”, je vous dis, chers jeunes, que la vie devient significative et fructueuse lorsque nous disons “oui” à Jésus. Chacun de vous peut se demander : Suis-je convaincu que la vie devient significative et fructueuse lorsque nous disons oui à Jésus ? Je suis sûr? Ai-je fait l’expérience d’être aimé gratuitement, non pour mon mérite mais uniquement pour un don ? Suis-je convaincu que ma vie est un cadeau ? Cette expérience donne un sens à toute la vie ; et donne le pouvoir de dire « oui » au service et à la responsabilité et « non » à la superficialité et au gaspillage.

Vous êtes la jeunesse de la diaspora syro-malabare. L’apôtre Thomas est arrivé sur la côte ouest de l’Inde, a semé l’évangile et les premières communautés chrétiennes ont surgi. Selon la tradition, cette année 1950 marque le martyre de Thomas, qui scelle ainsi son amitié avec Jésus, à qui il avait dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! †Jon 20, 29). L’Église est « apostolique » parce qu’elle est fondée sur témoignage des apôtres; et elle grandit sans cesse, non par prosélytisme, mais par témoignage. Chaque baptisé participe à sa construction dans la mesure où il est témoin† Et vous êtes appelés à l’être d’abord parmi vos pairs de la diaspora syro-malabare, mais aussi parmi ceux qui n’appartiennent pas à votre communauté et parmi ceux qui ne connaissent même pas le Seigneur Jésus.

Il y a un terrain d’entente où tous les jeunes se rencontrent, et c’est le souhait d’un amour réel, beau et merveilleux. Je vous le dis : n’ayez pas peur de cet amour ! C’est l’amour que Jésus nous révèle et que saint Paul définit comme « magnanime et patient, ne cherchant pas son propre intérêt, mais le bien et la vérité » (cf. 1 Kor 13, 4-6). Je vous engage à découvrir les témoignages d’amour des saints de tous les temps, même de notre temps : ils montrent plus que tout autre discours que le christianisme n’est pas une série d’interdits, qui limitent le désir de bonheur qui l’étouffe, mais dans un projet de vie qui peut remplir le cœur. N’ayez pas peur de vous rebeller contre la tendance répandue à réduire l’amour à quelque chose d’insignifiant, sans beauté, sans communion, sans fidélité ni responsabilité. C’est ce qui se passe lorsque nous utilisons les autres à nos propres fins égoïstes, comme des objets : les cœurs sont brisés et le chagrin demeure.

Les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne auront pour thème : « Marie s’est levée et est partie rapidement » (lc 1, 39). Après avoir accepté l’annonce de l’ange et répondu son “oui” à l’appel à devenir la mère du Sauveur, Marie se rend immédiatement chez sa cousine Elisabeth, qui est dans le sixième mois de grossesse (cf. lc 1, 36-39). Il ne s’enferme pas chez lui pour penser au grand privilège qu’il a reçu et aux grands troubles qu’il apporte ; non, Marie n’est pas paralysée par l’orgueil ou la peur. Il n’est pas du genre à avoir besoin d’un bon canapé pour rester confortable et en sécurité pour se sentir bien. Si vous avez besoin d’un coup de main pour votre parent âgé, il ne s’attarde pas et part immédiatement en voyage (cf. Discours à la veilléeCracovie, 30 juillet 2016).

Et quand il arrive à la maison d’Elisabeth, dans cette rencontre pleine du Saint-Esprit, le cœur de la Vierge coule en avant Magnificat† Cela nous rappelle la fécondité de la rencontre entre petits et grands. Je vous demande : avez-vous des grands-parents ?, au moins quelques-uns ? Quelle est votre relation avec eux ? Alors que vous déployez vos ailes au vent, il est important que vous découvriez vos racines et que vous receviez le relais de ceux qui vous ont précédé. Vous les jeunes avez la force, les anciens avez la mémoire et la sagesse. Je vous exhorte à faire comme Marie l’a fait avec Elizabeth, à rendre visite à vos parents âgés, à recevoir leur sagesse.

La jeune mère de Jésus connaissait bien les prières de son peuple, que ses parents et grands-parents lui avaient enseignées. Il y a un trésor caché dans les prières de nos aînés. Dans le Magnificat Marie recueille le patrimoine de son peuple et le recompose en un chant qui lui est propre, mais en même temps toute l’Église chante avec elle. Pour que vous aussi, les jeunes, puissiez faire de votre vie un hymne de louange, un don à toute l’humanité, il est essentiel de s’enraciner dans la tradition et la prière des générations précédentes. Surtout pour vous, dans l’histoire de votre Église, dans sa richesse spirituelle et liturgique, à découvrir encore et encore, avec l’aide de vos évêques et de vos prêtres. Avant tout, je vous invite à bien connaître la Parole de Dieu, à la lire chaque jour et à la comparer à votre vie. Ainsi, Jésus, le Ressuscité, réchauffera vos cœurs, éclairera vos pas, même dans les moments difficiles et sombres (cf. lc 24, 13-35).

Une dernière chose : Marie nous apprend aussi à vivre avec une attitude Eucharistiece qui signifie remerciercultiver louer, de ne pas nous fixer uniquement sur les problèmes et les difficultés. Dans le dynamisme de la vie, les supplications d’aujourd’hui deviendront les actions de grâces de demain. C’est ainsi que votre participation à la Sainte qurbana [Santo Sacrificio] et au sacrement de réconciliation ce sera à la fois le point culminant et le point de départ : votre vie se renouvellera chaque jour et deviendra une louange éternelle au Tout-Puissant (cf. Message pour le xxxii JMJ 2017

Chers frères et sœurs, merci beaucoup pour votre visite. Je bénis chacun d’entre vous, vos familles et vos communautés. Et je vous prie de ne pas oublier de prier pour moi. Merci et bon voyage !

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