Martin Erlic : “Mon père m’a appris à être humble. J’aime l’Italie et la Serie A”



Le défenseur croate a accordé une interview à l’hebdomadaire “Sports Week”.

Martin Erlic était le personnage principal d’une longue interview accordée à l’hebdomadaire Semaine sportive† Le défenseur croate, qui va le quitter Football aux épices retourner à Sassuolo celui qui détient la carte a retracé les phases les plus importantes de sa vie.

Une vie, lit-on, commencée dans la pauvreté et améliorée en partie grâce au métier qu’il exerce, qui lui permet aussi d’aider ses proches. “Martino”, comme il porte son beau surnom dans le Golfe des Poètes, tient à préciser qu’il n’a pas perdu l’humilité que son père lui a transmise.

Et sur l’avenir… des mots au miel pour l’Italie et la Serie A. Vous trouverez ci-dessous l’interview complète de Erlic pour Semaine sportive

L’ORIGINE – “Je viens de ’98. La guerre dans l’ex-Yougoslavie était terminée, il ne restait que des décombres. La maison de mes parents a été détruite par une bombe, alors ils se sont installés dans l’étable où ils gardaient les animaux. Je suis né là-bas, parmi les poulets et les cochons. Nous y sommes restés deux ou trois ans avant que papa ne reconstruise notre maison brique par brique. Je viens d’une famille d’agriculteurs. Je ne sais pas comment mon père se lève encore à 4 heures du matin aujourd’hui pour travailler dans les champs et revient au coucher du soleil. Il est le meilleur exemple que je puisse espérer avoir. Alors sur ces photos vous me voyez cueillir des carottes et des pommes de terre : ce sont les produits de la terre de mon père et de ma mère. Notre pays. Chaque année, à la fin du championnat, je retourne dans mon village, Tinj, où vivent au total 500 personnes, et j’aide mes parents sur leurs terres agricoles. Je n’ai pas honte de ce que je fais. Je ne suis pas du genre à voir son vieux au travail et aller à la plage pour bronzer. Je sais combien de sacrifices il a faits pour me donner de l’argent pour acheter des chaussures de football quand j’ai commencé à jouer. Je ne veux pas me cacher derrière un masque qui n’est pas le mien.”

AIDE POUR LA FAMILLE – « Maintenant, en partie grâce à mes revenus, l’entreprise a grandi : il y a des vignes et des oliveraies, nous fabriquons notre propre jambon… Nous vendons quelque chose, le reste est pour nous : j’ai deux frères, deux sœurs et neuf petits-enfants. Mes parents ne pouvaient pas vivre une vie différente de celle qu’ils ont toujours eue. Je le sais et ils le savent. Je ne peux que les aider à mieux la vivre que lorsque j’étais petite et que mon père est arrivé à la fin du mois sans le sou malgré qu’il se casse le dos tous les jours. Je suis allé à l’école et je n’avais pas 50 cents pour acheter un beignet. Mais les temps étaient difficiles, il y avait de la misère et de la destruction partout. Mon premier souvenir d’enfant ? Pieds nus vous-même. Je ne me souviens pas avoir eu une paire de chaussures dans quelques années. Ma grand-mère habitait à cinquante mètres de nous : elle me raconte encore aujourd’hui que je suis tombé dix fois dans le court trajet de sa maison à la nôtre. Peut-être était-ce parce que je courais tout le temps, ou peut-être parce que j’étais pieds nus. J’ai couru, je suis tombé, je me suis relevé. J’étais content de peu. Je n’échangerais pas mon enfance avec quelqu’un d’autre.”

PÈRE AMI – « Je n’étais bon à l’école que si j’étais engagé. Et je n’ai pas assez essayé. Un jour, j’ai dit à mon père : “Je voudrais jouer au football”. Il a répondu : « Vous devez d’abord améliorer vos notes à l’école. J’ai dit : “Laisse-moi partir et je ne le regretterai jamais.” J’avais 12 ans. Nous étions seuls dans la maison. J’ai toujours eu un lien spécial avec lui, je pourrais le décrire comme de l’amitié. Aujourd’hui, je me rends compte que j’étais très jeune quand j’ai quitté la maison pour essayer de devenir footballeur. Je ne sais pas comment il a fait, je n’y crois pas encore. J’ai eu tant de blessures et j’ai pleuré tant de larmes, c’est pourquoi je fais maintenant face à des difficultés avec un sourire aux lèvres : moi seul sais ce que j’ai traversé pour arriver là où je suis.”

HUMILITÉ – « Je n’aime pas juger les autres ou dire si je me sens différent de mes collègues. Je sais que j’ai des valeurs : j’apprécie mon travail car je sais qu’être footballeur est un privilège. J’apprécie les gens qui travaillent pour nous au sein du club, j’ai le plus grand respect pour tout le monde, à commencer par les magasiniers et les femmes de ménage. Aux camarades qui parfois ne leur disent même pas au revoir, je dis : vous vous trompez. Si vous êtes au bon endroit ici et que vous ne manquez rien, c’est grâce à eux. Je pense à la façon dont vous traitez les autres comme vous traitez les membres de votre famille. Ensuite, j’apprécie la valeur de l’argent : c’est pourquoi je l’économise. En Italie je mène la vie de footballeur, je sors, j’ai une belle voiture, mais je n’ai pas monté la tête, je garde les pieds sur terre. Mon père m’a appris à être humble. C’est une leçon que je n’oublierai pas. »

L’AVENIR – « Je ne veux pas y penser avant que les choses ne deviennent réalité. J’ai l’habitude de grimper pas à pas. Si j’arrive dans un grand club à 30 ans, ce n’est pas un problème : ça veut dire que c’était le destin. Je suis en Italie depuis 9 ans : je m’y sens bien, le climat est comme celui de ma Croatie. Et j’aime la Serie A, à cause de sa tactique qui m’a permis de progresser en tant que défenseur et parce que c’est un beau championnat : cette année, lors de la dernière journée, personne ne savait qui gagnerait le championnat et qui serait relégué”.




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