“Le mien est un aveu d’anticonformisme” – Corriere.it

de Valéria Crippa

Le célèbre danseur et chorégraphe espagnol raconte sa vie par le jeu : une confession sur le “sexe”, des moments douloureux alternant vêtements masculins et féminins

“Je rentre à Milan avec une lettre d’intention, de rébellion, de” non-conformité, acceptation et amour† Après avoir fait l’émission “Viva !!” Je ne me suis pas senti complètement libéré. J’ai regardé en moi et j’ai réalisé qu’il y avait encore des liens traditionnels qui évoquaient un sérieux sens des responsabilités. Un obstacle qui m’empêchait de voler du tout ». Manuel Liñan vit le flamenco comme une touche constante, une confession sur le “genre” capable d’agrémenter sur scène, avec des touches de poésie, des moments douloureux de son autobiographie, alternant vêtements masculins et féminins. Par conséquent, la son talent de baillaor et de chorégraphe tend à briser les conventions de la danse espagnole et à insuffler un nouveau souffle à la recherche contemporaine.

Qui est Manuel Liñan

Née à Grenade il y a 42 ans, lauréate du Prix National de Danse Espagnol en 2017, Liñan est aujourd’hui une invitée régulière de “Festival de Flamenco de Milan” dont la quinzième édition sera inaugurée ce soir au Théâtre Strehler sous le titre «Futuro Dentro». La revue dirigée par Maria Rosaria Mottola propose mercredi Alfonso Losa, flanqué de Concha Jareño, dans “Flamenco : Creative Space”, où se côtoient tradition, avant-garde et réinterprétation stylistique, puis, vendredi, la star Eva Yerbabuena, dans l’hommage “D’Madruga »Au maître Enrique Morente. Liñan revient à Milan après le flamenco “queer” de “Viva !!” dans lequel il a partagé la scène avec un groupe de collègues dans le vêtement féminin (et technique): maintenant il présente le tout nouveau « Piè de Hierro », surnom de son père, le torero Manuel Arroyo.

Dédié au père

« L’émission est dédiée à mon père et à son environnement – dit-il -. Un accident de voiture l’a contraint à mettre un terme à sa carrière de torero dans sa jeunesse : à sa naissance, fils unique après deux filles, il avait rêvé de me voir suivre ses traces. Les combats étaient inévitables dès mon plus jeune âge, car je n’aimais pas la tauromachie, je préférais me déguiser. Néanmoins, il m’a toujours soutenue, même si son éducation ne lui permet pas d’accepter que je danse habillée en femme. C’est trop difficile pour lui, je le comprends et l’accepte, mon affection pour lui se situe désormais en dehors du domaine artistique. Ce spectacle m’a guéri

Flamenco et tauromachie

Flamenco et tauromachie, deux versants de l’exportation Folklore espagnol: «Entre le baile et la corrida je vois un parallélisme, les deux impliquent un rituel de sacrifice au public». Après l’effervescence provocatrice de «Viva», c’est pour Liñan un retour à une dimension intime : «Le rapport au père s’entremêle avec le rapport à la tradition, qui peut générer des modèles stériles d’imitation. Je vis la tradition du flamenco comme une relation amour-haine: le passé, même s’il est beau, peut hanter. Il vaut mieux dire au revoir et chercher de nouveaux chemins ». Costumes féminins, style “bondage”, les masques zoomorphes marquent le spectacle: « C’est une esthétique de la peau qui fait référence à la relation maître-soumis. J’associe le rite érotique du “shibari” à celui d’habiller le torero. Dans les costumes des femmes, il y a un hommage à ma mère ».

L’édition de cette année : les infos

La quinzième édition du “Milano Flamenco Festival” aura lieu de ce soir à vendredi à Théâtre Strehler
(L.go Greppi 1, www.piccoloteatro.org billets 40/33 €)† Le festival commence ce soir à 20h30 avec Manuel Liñan et son «Piè de Hierro», dédié à son père, le torero Manuel Arroyo. Le 22, ce sera au tour d’Alfonso Losa, accompagné de Concha Jareño dans « Flamenco: Creative Space » où se mêlent tradition, avant-garde et réinterprétation stylistique. Au 24ème étoile Eva Yerbabuena dans “D’Madruga”, un hommage au maestro Enrique Morente décédé en 2010, un auteur qui a contribué à régénérer le chant flamenco et la musicalité entre l’ancien et le nouveau siècle.

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20 juin 2022 (changement 20 juin 2022 | 08:44)

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