L’estate di Caronte – Deuxième épisode

– Salut chérie.
– Hélène, c’est toi ?
– Ouais, qu’est-ce que tu fais à la porte ? Rapproche toi.
Hélène, souriante dans sa rondeur gaie, était allongée sur le canapé comme une sirène enchanteresse et le regardait avec douceur. Adsum s’approcha d’elle, la serra dans ses bras, lui donna un baiser réticent sur la joue et s’assit à côté d’elle.
– Tu as changé!
– Je t’ai déçu, n’est-ce pas ?
– Non mais…
– Ne mens pas. Vous pouvez voir la vérité sur votre visage. Vous ne pouvez pas prendre quelques kilos en vous éloignant de quelqu’un d’autre. À partir de demain, je vais au gymnase et en quatre sauts, je rends l’éternelle Hélène et toi et le méchant de mon partenaire rampez à nouveau.
– Hélène, mais je…
Adsum avait beaucoup de problèmes. Il n’avait besoin d’aucune excuse pour s’enfuir. Si Hélène était remise en forme dans six ou sept mois, il viendrait la voir. Il était sur le point de dire au revoir, mais elle s’enroula autour de lui.
– Adsum, mon amour !
– Hélène, tu m’as fait mal.
– Tu es revenu et nous ne nous séparerons jamais.
Adsum faillit s’étouffer sous les caresses trop audacieuses d’Hélène et réussit à se dégager de son emprise après une série de tentatives infructueuses. Il voulait sauver sa peau et devait être bruyant.
– Je ne peux plus me retenir. Votre comportement n’est pas décent.
– Adsum, chérie ! … Je t’en prie, non!
– Notre relation s’est terminée il y a de nombreuses années et je suis passé dire bonjour à un vieil ami.
– Tu es revenu pour me faire pleurer ?
– Je suis marié et mes enfants sont grands. Quelle idée auraient-ils de moi s’ils savaient que je cherche des escapades ?
– Vous êtes cruelle. Je jure que je ne t’embrasserai plus et ne t’embrasserai plus. J’agirai comme une sœur. Je pensais que tu étais venu faire l’amour.
– Je dois aller voir Nil.
– Qui est Nil ? Est-ce un nouvel ami à vous ?
Le cri d’Hélène a adouci le cœur d’Adsum, et il s’est assis et lui a dit que Nihil était un collègue de bureau qui était venu le voir dans un rêve et lui avait dit que des choses terribles se produisaient.
– Adsum, c’est un rêve ! Vous n’avez pas bu un verre de trop ?
– Non, c’était un rêve prophétique.
Hélène laissa échapper un grand rire.
– Croyez-vous toujours aux rêves ? Tu es un tel enfant.
– Je dois aller voir Nil.
Adsum s’était relevé et était sur le point de dire au revoir à Hélène. Elle le regarda avec ses yeux pleins de douceur.
– Tu ne veux pas que je vienne avec toi ? Je me sens si seul.
Adsum n’avait plus le cœur de lui refuser quoi que ce soit. Il était trop vieux pour supporter d’autres pertes.
– D’accord, allez.
Le visage d’Hélène s’illumina de joie. Elle serra chaleureusement Adsum dans ses bras, qui sut immédiatement qu’il avait commis une grave erreur en lui rendant visite ce matin-là.
– Je me change et on sort.
– Se dépêcher.
Hélène est vite revenue dans sa casquette, T-shirt, short et baskets et avec un sourire radieux aux lèvres. Il donna son bras à Adsum et se dirigea rapidement vers la voiture.
– Nous y voilà.
– Allez, cours. Nous sommes en retard.
– Êtes-vous toujours aussi anxieux ?
Adsum fit semblant de ne pas entendre. Il regardait droit devant lui et son visage était sérieux. Il craignait qu’il ne soit déjà trop tard : Nihil était déjà parti en mer de toute façon !
– Adsum, freine !
Le cri d’Hélène faillit lui briser les tympans. Adsum a appuyé sur la pédale et la voiture s’est immobilisée aux pieds d’un passant qui traversait la rue à ce moment-là. Il sourit hébété à Hélène qui avait le cœur dans la gorge et s’en alla furieux comme si de rien n’était.
– Qu’y a-t-il ma chérie ? Vous êtes pâle.
– Vous avez failli frapper un homme.
– Ne soyez pas tendu : détendez-vous.
– Ralentir.
– Je ne peux pas. Nous devons rejoindre Nihil avant qu’il ne parte.
Vous pouvez l’appeler et lui dire de nous attendre.
– Je n’ai pas le numéro.
Adsum a pris Viale Spartaco Lavagnini. Il courait comme s’il avait un mouchoir rouge sur les yeux et n’écoutait personne. Il marchait via del Sansovino et viale Talenti. Puis il s’est perdu dans une série de rues qu’il ne connaissait pas jusqu’à ce que, par pur hasard, il sorte par dell’Argingrosso. Il ne savait pas comment traverser Torcicoda. Il aperçut un kiosque à journaux, appuya sur l’accélérateur, freina et se gara au milieu de la rue.
– Chérie, tu es debout au milieu de la rue. Et si un policier passe ?
– Un flic? Ils sont tous sur la côte.
Adsum est descendu et est allé chez le marchand de journaux.

… Continuer… Nous avons hâte de vous retrouver au prochain épisode !

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