Le portrait-robot de l’enseignant postmoderne, vous savez ce que c’est ?

par Laura Salvo *

“L’enseignement doit être tel que ce qui est offert soit considéré comme un don précieux, et non comme un devoir imposé”

Albert Einstein

Le professeur est celui qui impressionne le “connaissances», qui laisse une marque, qui façonne et conforme la personne à un modèle et à un mode de vie axés sur l’apprentissage et la connaissance et la beauté de la transmettre. Pour devenir enseignant et guide, l’enseignant doit être un connaisseur passionné de sa discipline d’enseignement, inspiré par la grâce qui l’entraîne dans la dynamique créatrice de l’amour et le conduit à toujours rechercher le vrai et le bien pour lui-même et pour l’humanité. .

L’Institut des Sciences Religieuses (ISSR) de l’Université Pontificale Regina Apostolorum, reconnu depuis 1999, poursuit la mission :

  • Des apôtres se forment au service de l’Église pour témoigner du mystère du Christ ;
  • Créer des courants de pensée chrétienne en pleine communion avec le Magistère de l’Église et pour ce faire, l’Institut travaille en permanence sur la motivation du personnel enseignant, cela permet à l’enseignant de s’intégrer dans une communauté qui accueille, éduque et soutient dans sa mission .

La professeur ce n’est pas seulement celui qui véhicule des concepts ou des connaissances, mais c’est aussi celui qui personne proche de ses élèves, empathique, notamment dans le langage utilisé pour faciliter les échanges enseignants-élèves, et favoriser dynamique circulaire qui nourrit la soif de savoir.

La confrontation et l’échange, dans une atmosphère d’ouverture et de spontanéité, permettent à l’étudiant de s’interroger et de révéler tous ses doutes et égarements qui l’étreignent aujourd’hui, afin de bien exercer son métier demain.

Cette brève prémisse montre qu’aujourd’hui, compte tenu de toutes les demandes venant du monde virtuel, on demande beaucoup plus à l’enseignant qu’il y a trente ans, un rôle qui était déjà tenu avec autorité et professionnalisme. Les enseignants d’aujourd’hui soulignent souvent qu’être à l’école tous les jours, c’est comme toujours vivre dans les tranchées : aujourd’hui, les élèves ne sont pas faciles, les familles sont peu coopératives et souvent peu présentes avec leurs enfants, et l’enseignant n’est pas seulement très préparé et à jour dans sa discipline il faut être un expert en humanité avec une grande capacité d’écoute !

Que signifie être un expert en humanité ? La phrase que le pape François a utilisée le 18 mai 2019 “Le bon berger sent le mouton” me vient à l’esprit, il s’adresse aux prêtres et dit que l’église doit être église aujourd’hui, et pour que cela se produise, il faut que chaque membre se sente uni et responsable de l’autre, car tous les prélats et laïcs font partie du Corps du Christ, chacun avec sa propre vocation.

Ces mots peuvent certainement être rejetés en s’adressant à la société d’aujourd’hui, car elle est fermée, individualiste et centrée uniquement sur son propre bien. Qu’est-ce qui crée tout ce bien-être ou cet inconfort ? Si l’on pense que depuis 2020 la dépression est devenue la première pathologie au monde comme cause de décès, la réponse viendra naturellement.

Mais le Covid nous a appris que l’homme devient paresseux quand il perd l’entraînement : une fatigue post-Covid surgit à la reprise des activités, des cours, du travail, des conférences en présence, alors que le besoin d’être avec les autres comme nécessité et nécessité se fait sentir.

La relation elle-même est une opportunité, mais en même temps un défi car elle vous demande de sortir de votre zone de confort pour être interpellé par les besoins de l’autre et trouver une médiation entre vos propres besoins et ceux des autres. † La relation est exigeante car elle demande non seulement un investissement en temps, en énergie et en clarté communicative, mais aussi le développement de nombreuses compétences parallèles telles que l’affirmation de soi, l’empathie, savoir “écouter”, notamment les besoins de l’autre de manière objective, clarifier les différences, au fur et à mesure qu’elles apparaissent, et rechercher des aspects de convergence en recherchant différentes solutions au même problème. Par l’évaluation et la négociation, les relations se poursuivent avec un engagement constructif et un échange profitable pour tous.

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Ces compétences relationnelles, aussi nécessaires aujourd’hui que l’enseignant, exigent que vous travailliez consciemment sur vous-même pour apprendre à transmettre vos pensées de manière claire, ordonnée et concise, en évitant les expressions vagues et les réactions émotionnelles d’agacement et de tension qui peuvent mener à la défense et au conflit dans la relation.

Ce sont les hypothèses de base que tout enseignant devrait développer, car sa vie est pleine de relations : avec les élèves, avec les collègues, avec les familles, avec les autorités.

Mais l’apprenti demande quelque chose de plus pour être guidé : être vu comme une personnepar un regard attentif, authentique et clair qui communique directement avec son cœur et lui dit que sa vie “nous intéresse”.

Souvent les enfants d’aujourd’hui grandissent seuls ou avec des nounous, n’ont souvent pas de grands-parents car ils ont été transférés dans des villes autres que celle d’origine de leurs parents et donc de l’enseignant s’il est autoritaire, préparé et véritablement intéressé par eux. , devient l’interlocuteur privilégié pour ouvrir son cœur et donner la parole à toutes les peurs qui l’habitent.

Les étudiants recherchent des modèles de vie, des « enseignants » qui savent les conduire sur leur chemin ; souvent ils ne connaissent pas leurs talents, ils vivent passifs et sans vraies passions, aussi parce que le fait d’avoir tout reçu de leurs parents a immédiatement émoussé leurs désirs : ils vivent sans projet, et tout cela les démotive et les « rebute » .

Il est donc très important de travailler sur l’humanité et sur l’empathie et l’écoute des enseignants, afin qu’ils soient non seulement des “témoins du savoir”, mais un germe d’espoir qui donne de la stabilité et de la perspective dans cette société désorientée et confuse, qui a mis l’économie et la réussite au premier plan de l’échelle des valeurs, ne privilégie plus les relations significatives, alors que les enfants d’aujourd’hui grandissent en citoyens du monde… mais seuls et sans racines !

Laura Salvo est professeur permanent de l’ISSR – Pontifical Athenaeum Regina Apostolorum

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