L’histoire d’amour entre Friedrich Hölderlin et Susette Gontard

écrit le poète Frédéric Hölderlin à son ami Neuffer : « Il y a un être au monde où mon esprit peut et restera mille ans ». La lettre est quelques mois après la réunion Susette Gontard, mère de l’enfant dont il sera brièvement le tuteur. En ce sens, le résumé d’un amour très profond mais interdit† Elle était mariée, il n’avait pas d’argent. Vraiment cassé, pas seulement économiquement. Il avait quitté son Lauffen pour Nürtingen dans son enfance, puis était allé à l’école à Denkendorf et Maulbronn. Enfin l’université de Tübingen, où il avait étudié avec Hegel, et les premiers jobs à Walterhausen et Iéna, où il rencontra Ficthe, Schiller, Goethe.

À Francfort, la première grande ville moderne après les nombreuses petites villes qu’il avait habitées, Hölderlin arriva en 1795 à la suggestion d’un ami de la famille du riche banquier Jakob Friedrich Gontard, époux de Susette. Celui du partenaire était le contraire. Il ne se souciait que des affaires et de l’argent, il méprisait la culture qui ne pouvait être quantifiée en un mot. Au lieu de cela, elle était cultivée, amoureuse de la poésie et de la musique. Elle fut frappée par le jeune poète (alors âgé de vingt-six ans) qui jouait du piano et de la flûte et composait des vers. Elle aurait pu les lire déjà quand un ami a copié le Fragment d’Hypérion et le lui a envoyé. Susette, avant Hölderlin, était tombée amoureuse de ses paroles.

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Leur amour consistait presque entièrement en mots. Friedrich travaillait sur son Hypérion pendant son temps libre après les cours, mais en discutait constamment avec Susette. Après les premiers mois d’un amour pur et enivrant, construit à partir de longues heures de rapports sexuels parfaits, ils ont dû se séparer. Ils l’ont fait à la dure, avec une scène devant son mari pour laquelle Susette, afin de cacher les sentiments qu’elle ressentait, a fini par virer Friedrich. Il l’a immédiatement regretté lorsqu’il s’est rendu compte – il l’a admis dans une lettre – que les tons avec lesquels ils s’étaient séparés ne laissaient pas ouverte la possibilité que Friedrich revienne, pas même pour leur rendre visite.

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Hölderlin n’aimait pas beaucoup ce métier, même si chez les Gontard il se contentait de la vivacité intellectuelle de Susette et de ses enfants. Mais il détestait participer aux événements mondains, tout comme il détestait ce climat d’exercice et d’argent qui animait la grande cité marchande. Et pourtant, il est resté, car il y avait plus dans cette maison. Là était l’accomplissement du cœur de sa poésie, l’unité entre l’Un et le Tout. C’était lui et elle.

Des lettres qu’ils ont échangées pendant deux ans, entre septembre 1798 et mai 1800, il ne reste que trois de Friedrich. Les autres sont tous de Susette. Cependant, la poétesse a également parlé d’elle dans des lettres à des amis (mais jamais à sa mère, qui se tenait également au courant de tout). Et surtout, il a rempli son art de cheveux. Il l’a nommée Diotime, du nom du philosophe grec qui a enseigné l’amour à Socrate. Elle est le personnage principal de Hypérion mais il regarde aussi ailleurs.

Ils se séparèrent définitivement le 8 mai 1802, date de leur dernière rencontre. Secret, comme il l’est depuis le 25 septembre 1798, jour fatidique de la destitution. Susette et Friedrich avaient non seulement continué à écrire, mais se sont également rencontrés. Cependant, ils savaient maintenant qu’un divorce permanent était inévitable. Ni l’un ni l’autre ne pouvaient garantir à l’autre un avenir, et pourtant le germe de l’espoir se fanait lentement : « au plus profond de la vie, tant que nous existons, demeure ce qui nous unit ; Je ne peux pas lâcher la conviction que nous nous retrouverons dans ce monde et que nous pourrons encore partager la joie.” Tout ce qui reste à Susette, ce sont les larmes et la douleur, et pourtant un faible espoir émerge. que l’amour puisse durer, au-delà le temps et l’espace. C’est ce que la poésie peut faire, quoi que leurs lettres aient fait. Cependant, initialement publié avec le titre Lettres de Diotime, retranchant à Susette le rôle qu’elle devait confier à un personnage fictif. En 2021, ils sont sortis pour Mondadori sous la garde de Luigi Reitani en tant que lettres d’amourcette fois avec les noms des deux amants.

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En quittant la maison de Gontard, le poète devait le faire. Il n’avait rien pour survivre, ses projets de créer un magazine ont échoué et sa tentative de trouver du travail à Iéna a échoué. Il a vécu un temps à Homburg, non loin de Francfort, pour continuer à voir Susette de temps en temps. Mais l’argent s’est épuisé et sa mère l’a forcé à retourner en Souabe. Il a pris quelques autres emplois, le dernier en tant que précepteur à Bordeaux. Elle a duré trois mois puis est rentrée en Allemagne à pied, hagard, en lambeaux, épuisée. Même mentalement. En 1806, un effondrement le conduit à l’internement dont il est libéré l’année suivante. Pendant les 37 années suivantes, il est confié à un charpentier de la tour de Tübingen. Il ne sortira qu’à sa mort, en 1843.

Il avait appris la mort de sa Diotime, survenue en 1802 aux mains de Rubéole, par une lettre d’un ami. Son esprit était déjà troublé, et la douleur de cette perte a aggravé les choses. Quelques années plus tôt seulement, en 1799, il lui avait remis le tapuscrit duHypérion appelle ça “notre” Hypérion… fruit de nos jours.” Dans l’une des lettres à Diotime du livre, il écrit exactement ce qu’il ressentait pour Susette : “J’ai des vertiges et mon cœur se débat comme un patient impatient.”

Elle languissait non moins que lui, qui aurait au moins pu s’en sortir enchaîné aux devoirs d’une vie qui ne lui ressemblait plus : « Le cœur ne te retient plus le silence, laisse-moi te dire encore une fois ce que je ressens et puis si tu veux je vais accepter de me taire je vais le faire crois moi je le ferai depuis que tu as tout laissé ici et en moi semble vide et désolé c’est comme si la vie avait perdu son chemin, seulement dans la douleur je le trouve encore.”

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