“La durabilité doit être au cœur de la transformation numérique” – EURACTIV Italie

Mercredi 29 juin, la Commission européenne a adopté son rapport sur la perspective stratégique 2022, identifiant dix domaines d’action clés dans le but d’explorer les synergies et la cohérence entre les ambitions de l’Union sur la liste du réchauffement climatique et la transition numérique.

Les transitions verte et numérique sont deux des principaux points à l’ordre du jour de la commission von der Leyen. À la lumière de l’agression russe contre l’Ukraine, l’UE accélère ses efforts pour prendre le leadership mondial en matière de protection du climat et de transition numérique en relevant les principaux défis dans les domaines de l’énergie, de l’alimentation, de la défense et de la technologie.

De ce point de vue, les Perspectives Stratégiques 2022, intitulées “Transitions vertes et numériques jumelées dans le nouveau contexte géopolitique”, proposent une analyse intégrée portant sur l’avenir des interactions entre les deux transitions, en tenant compte du rôle des nouvelles technologies et émergents, ainsi que les principaux facteurs géopolitiques, sociaux, économiques et réglementaires qui déterminent leur capacité à se renforcer mutuellement.

« Pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050, nous devons libérer le pouvoir de la numérisation », a déclaré Maroš Šefčovič, vice-président pour les relations interinstitutionnelles, en présentant le rapport : « Dans le même temps, la durabilité doit être au cœur de la transformation numérique. C’est la raison pour laquelle ce rapport de prospective stratégique examine de plus près comment aligner au mieux nos deux objectifs, d’autant plus qu’ils acquièrent une dimension sécuritaire importante en raison des changements géopolitiques actuels. Par exemple, le recyclage pourrait être une source majeure de métaux. et les minéraux à partir de 2040, incontournables pour les nouvelles technologies, si l’Europe résout ses pénuries dans le secteur des matières premières.Comprendre cette interaction entre les deux transitions, tout en luttant pour une autonomie stratégique ouverte, est la bonne voie à suivre ».

Selon l’UE, les secteurs de l’énergie, des transports, de l’industrie, de la construction et de l’agriculture – les secteurs qui émettent le plus de CO2 – sont la clé pour réussir à lier les transitions verte et numérique.

Les nouvelles technologies joueront un rôle clé dans la réduction de l’empreinte carbone de ces secteurs. D’ici 2030, la plupart des réductions d’émissions de CO2 proviendront des technologies déjà disponibles aujourd’hui. Cependant, atteindre la neutralité climatique et la circularité d’ici 2050 sera rendu possible par de nouvelles technologies qui sont actuellement en phase expérimentale, de démonstration ou de prototype.

Les exemples cités dans le rapport incluent les données satellitaires et la blockchain, qui pourraient contribuer à renforcer la sécurité énergétique de l’UE en améliorant les prévisions de la production et de la demande d’énergie, en évitant les perturbations liées au climat ou en facilitant le commerce transfrontalier.

Dans le secteur des transports, une nouvelle génération de batteries ou de technologies numériques, telles que l’intelligence artificielle et l’Internet des objets, permettront des changements majeurs vers la durabilité et la mobilité multimodale à travers différents modes de transport, y compris l’aviation court-courrier.

Dans tous les secteurs, les copies numériques, contrepartie virtuelle d’un objet ou d’un processus physique, utilisant des données en temps réel et l’apprentissage automatique, peuvent aider à améliorer la conception, la production et la maintenance.

Dans l’industrie de la construction, la modélisation des informations sur les bâtiments pourrait améliorer l’efficacité énergétique et hydrique, influençant les choix de conception et l’utilisation des bâtiments.

Enfin, dans le secteur agricole, l’informatique quantique, associée à la bioinformatique, améliorera la compréhension des processus biologiques et chimiques nécessaires pour réduire l’utilisation de pesticides et d’engrais.

Lier la transition verte et numérique exige que le modèle économique de l’UE se concentre sur le bien-être, la durabilité et la circularité, selon le rapport. La position de l’UE dans l’établissement de normes mondiales jouera ici un rôle important, tandis que la justice sociale et l’agenda des compétences seront l’une des conditions préalables au succès, avec la mobilisation des investissements publics et privés. Pour réussir, l’UE prévoit que près de 650 milliards d’euros d’investissements supplémentaires seront nécessaires chaque année jusqu’en 2030.

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