Changement, relation et contact du point de vue de l’art

Les réflexions de Christian Caliandro sur le rôle de l’artiste concernant l’idée de changement, l’inattendu et aussi concernant la relation avec l’autre sont inspirées par le projet qu’il a organisé à Montelupo Fiorentino

Atelier par Elena Bellantoni, Cantieri Montelupo, Montelupo Fiorentino, 2 juillet 2022

Le mode de combat irrégulier et typiquement tellurique du partisan tendait à servir une politique maritime mondiale typique, qui disqualifiait et criminalisait inexorablement toute irrégularité en mer dans le domaine de la guerre maritime. Dans la juxtaposition de la terre et de la mer, divers types d’irrégularités s’expriment, et ce n’est que si l’on ne perd pas de vue la particularité concrète des aspects spatiaux marqués par la terre et la mer dans leurs formes conceptuelles spécifiques que certaines analogies sont légitimes et fécondes. Ceci s’applique en premier lieu à l’analogie qui nous intéresse ici pour comprendre l’aspect spatial. De même que la puissance navale l’Angleterre dans sa guerre contre l’armée la France a utilisé le partisan espagnol indigène, qui a aménagé la scène de la guerre terrestre avec un espace irrégulier, de même plus tard, dans la Première Guerre mondiale, l’armée l’Allemagne l’a servie, contre la puissance maritime de l’Angleterre, du sous-marin comme arme qui ajoute une autre atmosphère inattendue à ce qui était jusqu’alors l’espace de la stratégie navale. Ceux qui maîtrisaient la surface de la mer à l’époque ont immédiatement tenté de discriminer la nouvelle façon de combattre comme irrégulière, oui, comme criminelle et pirate. Aujourd’hui, à l’ère des sous-marins équipés de missiles Polaris, quiconque voit que les deux réactions – l’indignation de Napoléon contre la guérilla espagnole et celle de l’Angleterre contre le sous-marin allemand – peut être sur le même plan mental, celui de l’indigné. valeur à la lumière des changements non calculés dans l’espaceCarl Schmittthéorie partisane. Intégration dans le concept du politicienAdelphi 2005, p. 100-101).
“Encore une ambiance inattendue”. “Les changements d’espace ne sont pas calculés”. Les considérations de Schmitt sur le partisan et le sous-marin comme acteurs et vecteurs d’un changement du regard sur l’espace et de la manière d’agir dans l’espace, valent bien sûr aussi pour le champ de l’art contemporain.

Atelier par Elena Bellantoni, Cantieri Montelupo, Montelupo Fiorentino, 2 juillet 2022
Atelier par Elena Bellantoni, Cantieri Montelupo, Montelupo Fiorentino, 2 juillet 2022

L’IMAGINATION SELON LES ARTISTES

Montelupo Fiorentino, 2-3 juillet 2022† Faites-le, vivez une expérience.
Le corps pour Elena Bellantonic il est fondamental : un signe dans l’espace, un signe qui définit et décrit l’espace. Le signe du corps, le corps comme signe.
Travail sur l’endurance : l’endurance de ce corps. L’échec fait également partie de ce travail et de ce processus. Et l’artiste a à voir avec leimagination, c’est-à-dire image + action. Concrètement, cela signifie avoir une idée et la vérifier, la vivre : si l’imaginaire correspond à la réalité, alors pour Elena il y a de l’art, il y a du travail. Que signifie cette correspondance entre imaginaire et réalité ? Qui devrait le vérifier en le mettant en action, en le rendant réel, concret. L’authentification avec le monde réel est donc : le boulot
Une réalisation qui consiste en même temps en une transfiguration.
Le but n’est pas l’artefact, la forme, l’objet – mais de vivre une expérience
Il n’y a pas de scénario pour ces actions, pour ces gestes relationnels : l’artiste donne des directives, prépare un décor, « donne des ordres », dirige, mais ne sait pas ce qui va se passer (c’est la dimension de l’inattendu, qui continue d’être évoquée et réapparaître).

Atelier par Elena Bellantoni, Cantieri Montelupo, Montelupo Fiorentino, 2 juillet 2022
Atelier par Elena Bellantoni, Cantieri Montelupo, Montelupo Fiorentino, 2 juillet 2022

ART, RELATION ET CONTACT

Le but est de construire un autre point de vue à travers ces gestes relationnels : le lien et la relation à l’autre, verbalement et physiquement, mentalement et physiquement. Chacun avec sa propre limite, avec son propre point de départ… Et en raison de la relation de confiance qui se construit peu à peu : il faut qu’il y ait réciprocité.
Avec je toucher, c’est le toucher avec l’autre : je sens et je reconnais mon corps parce que quelqu’un d’autre le touche, le touche. Deux formes qui peuvent communiquer entre elles : l’une devant l’autre, l’une dans l’autre…
Je (qui, « je » ?) C’est justement le problème, le vieux problème : qu’est-ce que ce sujet de l’annonce toujours étranger au sujet de son énonciation, dont il est nécessairement l’intrus, même s’il est nécessairement aussi le moteur, le levier ou le cœur) (…) L’identité vide d’un ‘je’ ne peut plus reposer sur une simple adaptation (sur son ‘je = je’ : quand ‘je souffre’ est mentionné cela implique deux je de l’extérieur l’un à l’autre. Il en va de même pour « je ressens du plaisir » (on pourrait montrer comment cela apparaît dans la pragmatique des deux énoncés) : mais dans « je souffre », l’un rejette l’autre, alors que dans « je ressens du plaisir ». plaisir’ un ego surpasse l’autre En réalité les deux situations sont comme deux gouttes d’eau : ni plus, ni moinsJean-Luc Nancyl’intrusCronopio 2004).

Christian Caliandro

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