Enzo Avitabile chante en italien : “Mais j’ai aussi fait chanter Biagio Antonacci en napolitain”

Il y a quelque chose de nouveau dans l’air, quelque chose d’ancien en effet. Enzo Avitabile chante en italien: “Nous sommes des trucs fous / Nous sortons avec des chats / Nous marchons distraits / Et rêvons avec des choses / Mange nos mains / Reste avec des Africains / Et trouve des excuses / Reporte à demain”. Le son est le plus soul, mais aussi le plus pop, qu’on l’ait entendu faire ces vingt dernières années, peut-être plus. Mais ensuite une seconde voix arrive, et il n’y a rien de plus ancien, Biagio Antonacci en napolitain on ne l’avait jamais entendue auparavant : « Hé, je connais mon entreprise / oui je dis na bucia. / Hé, je connais mon entreprise / ça va be na malatia ».


Qu’adviendra-t-il d’Avitabile ? D’où vient ce refrain, cette rencontre avec Antonacci, ce single “Fatti mie” qui sort demain ?
« Je voulais faire quelque chose avec Biagio depuis un moment, mais un jour je lui ai demandé. L’idée lui a plu et j’ai laissé la balle dans son terrain : tu commences, je lui ai dit ».

Comment a-t-il commencé ?
“Au bout d’un moment, accompagné d’un beau vin, il m’a envoyé le morceau presque complet, il ne me restait plus qu’à faire la mélodie, le texte en napolitain, le calaat…”.

Ecoutons Antonacci : comment est née cette alchimie ?
« En 1983, sort Meglio soul di Enzo, musicien, auteur-compositeur-interprète au talent rare. L’album est arrangé par de grands musiciens, nés et produits dans une belle ville, Naples, que j’ai toujours aimée follement. Cet album a été une véritable source d’inspiration pour moi, qui était alors un garçon de 20 ans qui jouait de la batterie et rêvait de chanter. Dans ce disque, il y avait la mélodie, la batterie, tout ce qui était nécessaire pour faire grandir mon rêve de cette belle œuvre. Quand Enzo m’a appelé pour me demander une chanson pour son nouvel album, j’étais ravi et j’ai écrit cette chanson juste après avoir fermé le téléphone : paroles et musique en 10 minutes ! †

Cependant, le titre, ‘My Facts’, ne justifie pas l’égoïsme.
“Non, ce n’est pas une phrase de conclusion, Avitabile et moi sommes des musiciens rêveurs, nous croyons que la musique peut tenir compagnie aux gens, pas résoudre leurs problèmes, mais au moins être un moment de réflexion et de détente en même temps”.

Confirme, Enzo ?
« Bien sûr. C’est une façon de dire que ce qu’on chante doit être pris au sérieux, de dire à ceux qui nous écoutent, croyez-moi je suis vrai, je paierai si je vous dis des choses qui ne sont pas vraies. est une sorte d’invitation à la sincérité ».

Le son est différent de la musique du monde authentique, ethnique et napolitaine que vous attendez de nous depuis des décennies.
“C’est vrai, c’est plus émouvant, même si ce n’est pas tout à fait émouvant, mais il y a cette ambiance. Mais il y a aussi une saveur populaire et apprivoisée ».

Parlez-nous de Biagio. Qui est là pour toi ?
« Un numéro un de la chanson italienne. Il m’a accueilli comme un frère. Il a du talent et du cœur, un staff fou, un professionnalisme encore plus fou, une honnêteté intellectuelle hors du commun, un langage bien à lui ».

Au fait, tu n’as pas aussi enregistré quelque chose avec Jovanotti pendant le confinement, qui entre-temps t’a renvoyé dans sa caravane “beach party” ? Ce n’est pas comme s’il allait y avoir quelque chose comme “Black tarantella”, l’album de “dialogues, pas de duos” d’il y a dix ans où entre Pino Daniele et le Co’Sang tu as aussi fait chanter Guccini en napolitain et tu as même rencontré David Crosby et Bob Geldof ?
« Je ne confirme pas et je ne nie pas. Il est encore tôt pour parler de l’album, il faudra attendre septembre. Pour l’instant il y a ce single ».

Cela se reflète dans le slogan de la saison.
« Et nous avons sorti un morceau… tourmenté : Parce que c’est comme ça que Biagio et moi sommes, donc nous sommes tous dans une phase difficile de récupération, aux prises avec une nouvelle réalité irisée, difficile. On vient d’une autre histoire, d’une autre chanson, mais on veut aussi rester dans la course. Pas tant pour témoigner de la diversité, mais pour continuer à parler, à dialoguer, avec ceux qui nous suivent depuis des décennies.”

Là, je suis intrigué : quel son peut-on attendre du prochain album ?
« Blam. Soul. World. Napolitain. Fils du monde. Bref, les cent visages que Mama Napoli et Mama Musica m’ont donné en me mettant au monde et en me laissant grandir ».

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