Ce qui reste – Luceraweb

Evangile (Lc 10.25-37)
À ce moment-là, un avocat s’est levé pour tester Jésus et a demandé : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : ” Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lis-tu ? ” Il répondit : ” Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pense, et ton prochain comme toi-même. » Il lui dit : « Tu as bien répondu ; fais cela, et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus continue : “Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho et tomba entre les mains des bandits, qui lui prirent tout, le battirent à mort, et s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard un prêtre descendait le même chemin , et quand il le vit, il s’en alla. Et un Lévite, quand il arriva en ce lieu, vit et passa. Au lieu de cela, un Samaritain qui était en voyage le croisa, le vit, et eut pitié de lui. Il s’approcha de lui, et banda ses plaies, et y versa de l’huile et du vin, puis il le chargea sur sa monture, le conduisit à un hôtel, et prit soin de lui. il en tira deux deniers et les donna à l’aubergiste en disant : « Prends bien soin de lui ; ce que vous dépenserez de plus, je vous le paierai à mon retour ». Lequel de ces trois pensez-vous s’est rapproché le plus de celui qui est tombé entre les mains des bandits ? » Il répondit : « Qui a eu pitié de lui. » dit Jésus à lui, “Va et fais ceci aussi.”

Le commentaire de Michele Cuttano, diacre
En ces temps de guerre, où la crise économique prend des contours de plus en plus tragiques, je me demande toujours si moi, en tant que chrétien croyant, pratiquant, recevant un ministère ordonné de l’Église, j’ai une attitude de vie conforme à le gospel.
Qu’est ce que je veux dire? Quelle attitude concrète est-ce que j’adopte simplement envers ceux que le Seigneur place à côté de moi et qui sont dans la souffrance et le désespoir à cause de la « crise économique » ?
Il y a deux voies : l’indifférence ou le partage avec les autres de ce qui m’appartient, serrer le cœur dans l’égoïsme ou l’élargir à la générosité.
Oui, l’évangile de ce dimanche nous déclenche en tant que chrétiens et nous fait tomber face contre terre ou nous encourage-t-il en nous disant que nous sommes sur la bonne voie ?
Jésus nous raconte une parabole si pertinente pour nous tous.
Laissons-nous guider par cette parabole.

“Un homme est allé de Jérusalem à Jéricho et a rencontré des voleurs qui l’ont déshabillé, l’ont battu, puis sont partis, le laissant à moitié mort.”
Cet homme est une figure de l’humanité qui quitte l’intimité avec Dieu chaque fois qu’il choisit le chemin du péché, des tentations du monde et se sent comme le dieu de sa vie, en fait il quitte Jérusalem, qui est la ville de Dieu ; il rencontre inévitablement l’ennemi, le même ennemi qui l’a tenté et l’a invité à abandonner Dieu, l’attaque et enlève les vêtements dont Dieu l’avait revêtu (Gen. 3:21).
C’est un homme abandonné sans dignité, en désarroi au bord d’une route ;
le même chemin qu’il avait pris pour rechercher le bonheur et se libérer d’un Dieu limitant.
Une fois que vous avez éprouvé le mal, vous vous retrouvez seul, livré à vous-même, dans la plus profonde solitude ;
même ceux qui t’ont blessé finissent par te laisser en morceaux, même pas à l’agonie parce que toi aussi tu as arrêté de te battre et tu n’as plus de force ni de confiance en toi.
C’est l’état où vous attendez juste la mort…
C’est un homme à moitié mort et cette créature à moitié morte représente la mort complète !
Vous savez, combien de fois dans ma vie je me suis retrouvé cet homme à moitié mort et complètement coulé, sans issue.

“Par coïncidence, un prêtre marchait sur cette même route et quand il l’a vu, il est passé de l’autre côté”
S’il vous plaît, allons au-delà du sens que nous attachons habituellement au mot “prêtre”.
Le prêtre est celui qui protège la loi pour amener l’homme à Dieu ;
chaque religion en a.
En fait, il voit le mal de cet homme, mais… il passe à autre chose.
Cet homme vient de Jérusalem, vient de Dieu et s’éloigne encore plus de Dieu…

“Même un Lévite, quand il est venu à cet endroit, l’a vu et est passé par là.”
Le Lévite est celui qui est responsable de l’adoration de Dieu pour amener l’homme à Dieu ;
chaque religion en a.
Mais lui aussi décède et se détourne de Dieu.
Quelle absurdité : selon le Christ, il semble qu’il manque quelque chose à la Loi et au culte !
L’homme de loi et l’homme de culte prennent conscience du mal de ce malheureux, devinant tous deux correctement la cause de sa souffrance, mais tous deux vont plus loin.

“D’autre part, un Samaritain, qui était en voyage, le vit en passant devant lui et eut pitié de lui”
Ce Samaritain voyageant à Jérusalem prend le chemin inverse ;
il vient des régions communément définies par le peuple d’Israël de perdition et va à la cité de Dieu.
Et en chemin, il s’arrête pour ramasser ce qui reste…,
ce qu’il reste de toi et moi;
ce qui reste de l’humanité qui a été violée, utilisée et jetée.
Cet homme s’arrête par compassion, il n’a pas peur de se salir les mains.
Il ne déteste pas la crasse du pire pécheur qui est justement jeté en prison, au seuil de la vie.
C’est le Christ qui passe partout où l’homme se perd.

“Il s’est approché de lui”
C’est le Christ qui s’approche de cet homme, il n’attend même pas sa lamentation ou sa prière.
Il le voit et s’avance vers cet homme qui est maintenant prêt.

“…il a pansé ses blessures…”
Le sang est perdu des blessures qui est un signe de vie.
Le Christ à côté de cet homme guérit ses blessures mortelles et le confie à quelqu’un :

« Elle l’a emmené dans une auberge et s’est occupée de lui. Le lendemain, il prit deux deniers et les donna à l’hôtelier en disant : Prenez soin de lui et tout ce que vous dépenserez en plus, je vous le rembourserai à mon retour.
Le Christ qui accueille remet cet homme à ceux qui à leur tour, dans son imitation, accueillent : son Église.
C’est un travail, vous savez, c’est le travail de Son Église : accueillir des personnes perdues.
Le Christ paie à l’avance de sa propre poche et promet de rembourser abondamment à son retour.
Presque comme s’il se rendait débiteur de ceux qui deviennent « Amour comme Lui ».
Frère, je te demande et je me demande, avec tant d’humilité :
Toi et moi aujourd’hui, concrètement, qui sommes-nous ?
Le dernier verset de l’évangile nous pose une question…

Selon vous, lequel de ces trois était le voisin de celui qui a rencontré les voleurs ? † Il répondit: “Celui qui a eu pitié de lui.” Jésus lui dit: «Va et fais de même».
Face à la puissance de cet évangile, peu importe que vous soyez prêtre, lévite ou samaritain.
Quelle tragédie pour nous chrétiens de constater que nous allons au-delà des milliers d’occasions de la vie où nous rencontrons cette humanité perdue, pour être aimés ;
quelle tragédie pour nous chrétiens de nous retrouver à prêcher de beaux sermons et ensuite passer à autre chose…;
quelle tragédie pour nous chrétiens de nous retrouver en fin de vie avec les mains si propres mais malheureusement vides.
Être chrétien signifie marcher sur ce chemin de vie vers Dieu.
Oui, car rester sur la bonne voie ne suffit pas ;
Le danger est que, même si vous allez dans la bonne direction, vous n’irez que vers vous-même, vous ne ferez que construire votre ego.
Cet évangile d’un chaud dimanche d’été nous le dit.
Quand tu vas vers Dieu, tu es l’homme de compassion, qui s’arrête chez son voisin, qui se salit en aidant, qui sent la sueur de son voisin, qui se mouille des larmes de son voisin, qui entre dans les cellules où il pèche. l’a jeté, qu’il partage et paie lui-même.
Si vous ne vivez pas le Christ en donnant, en étant proche des perdus, vous n’appartenez pas au Christ,
Simple mais vrai !

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