voix du verbe servir, prendre soin de, aider, prendre soin

Écoutons l’évangile :

“A ce moment-là, un docteur en droit se leva pour tester Jésus et demanda : ‘Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?’ Jésus lui dit : ‘Qu’est-il écrit dans la loi ? Comment lisez-vous ? † Il répondit: “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée, et ton prochain comme toi-même.” Il lui dit: «Tu as bien répondu; fais cela et tu vivras ».

Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? Jésus poursuit: «Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho et tomba entre les mains des bandits, qui lui prirent tout, le frappèrent à mort et s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par coïncidence, un prêtre a emprunté cette même route et, le voyant, a continué. Et un Lévite, arrivé à cet endroit, vit et passa. Mais un Samaritain qui était en voyage le croisa, le vit et eut pitié de lui. Il s’approcha de lui, pansa ses plaies et y versa de l’huile et du vin; puis il le chargea sur sa monture, l’emmena dans un hôtel et s’occupa de lui. Le lendemain, il sortit deux deniers et les donna à l’aubergiste en disant : « Prends bien soin de lui ; ce que vous dépenserez de plus, je vous le paierai à mon retour ». Lequel de ces trois pensez-vous s’est rapproché le plus de celui qui est tombé entre les mains des bandits ? » Il répondit : « Qui a eu pitié de lui. » dit Jésus à lui, “Allez et faites cela aussi”.

Si l’amour n’est pas vécu, donné, il reste une pure théorie. Un vœu louable. Aimer est une nécessité. Chaque homme est né parce qu’il est désiré et aimé. Accueilli. Toute la vie de l’homme est marquée par la richesse incommensurable et irremplaçable de l’amour. Des complications surviennent lorsqu’il est absent ou lorsqu’il est administré en excès. Une grande partie du comportement humain, négatif ou positif, est déterminé par la présence ou l’absence d’amour dans son expérience. Même les troubles alimentaires tels que l’anorexie et la boulimie, dans les bras desquels beaucoup tombent aujourd’hui, sont dus à un amour non reçu ou perçu, ainsi qu’à un amour excessif.

L’équilibre est nécessaire. Mais on ne peut pas vivre sans amour. Et l’amour doit être donné non seulement à ceux qui m’aiment, mais aussi à ceux qui me haïssent. Non seulement pour Dieu, mais aussi pour notre prochain. C’est la nouveauté et l’enseignement uniques et absolus du christianisme. A ceux qui demandent à Jésus s’il y a un prochain à aimer, il ne répond pas avec des théories, mais avec du concret. Il raconte un épisode et interroge ses interrogateurs.

« Et qui est mon voisin ? “Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho et tomba entre les mains des bandits…”. Après avoir été volé, il est resté à moitié mort. Un prêtre et un lévite passèrent mais l’ignorèrent. Un Samaritain, par contre, « a vu et ressenti de la pitié ». Luc l’évangéliste, le seul à raconter cette parabole, fait vibrer, comme un rosier, les dix verbes qui parlent du service en signe de compassion et de miséricorde. “Il l’a vu et a eu pitié de lui”, “il s’est approché”, “il a pansé ses blessures”, “y a versé de l’huile et du vin”, “puis il l’a chargé”, “l’a emmené à l’hôtel”, de lui” , “Prenez soin de lui”, “ce que vous dépenserez le plus”, “je paierai à mon retour”.

A la fin de ce récit, Jésus demande qui lui avait demandé lequel des trois prêtres, le Lévite et le Samaritain, se trouvait à côté de la malheureuse proie des bandits ? La réponse est cohérente car elle est racontée par l’histoire elle-même : “Qui a eu pitié de lui”. Bien sûr que c’est le cas. La compassion ne peut pas se manifester par des mots, pas par des intentions, mais en voyant, en arrêtant, en aidant ceux qui en ont besoin. Gestes concrets. Véritable accompagnement. Prendre en charge les besoins des autres. C’est du courage, c’est un vrai et vivant témoignage d’amour.

Après la réponse présente, Jésus propose une invitation : « Va et fais cela aussi ». C’est au service du prochain que s’exprime et se vit l’amour fraternel. Ceux qui reçoivent notre aide, qui doivent recevoir, peuvent ne pas la mériter pour certains services, mais en pourboire absolu, celui qui veut les aimer doit les aider.

Il n’y a qu’une seule différence dans la manière d’aimer entre nous et Dieu. Il s’agit de la façon dont le verbe aimer est exprimé. Nous sommes déjà aimés : « comme je vous ai aimés ». Revigorés par cet amour, nous sommes appelés à aimer : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu…. et ton prochain comme toi-même”. A Dieu le passé à nous, avec lui, le futur en un verbe : “tu aimeras”. Allons faire un effort pour faire de même. Nous serons des Samaritains du monde.

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