La réconciliation est un acte d’amour, mais aussi de conscience et de raison • La Voce di Maruggio

Giovanni Dò, CC BY 3.0 via Wikimedia Commons

Il faut savoir regarder au-delà du miroir pour vraiment se regarder avec ses yeux.

De temps en temps, il faut se réconcilier avec la vie, et quiconque fait ma tâche de vie en écrivant et en écrivant dans la vie par vocation et destin, les comptes doivent être faits avec beaucoup d’humilité, à la fois avec les arts et surtout avec la littérature et la philosophie. Cela peut arriver soudainement. Vous vous réveillez un jour et vous vous demandez en tant qu’homme ce que je n’ai pas vraiment compris ce tout court phénoménologique et existentiel dans mes années et dans mon parcours. Ainsi vous comprenez que la vie elle-même doit se vivre avec amour sans jamais être commerciale et sans jamais idolâtrer quoi que ce soit.

Nous sommes des enfants du sacré qui révolutionne. Ainsi, en tant qu’écrivain, vous comprenez que même en littérature il y a des fautes de frappe que vous n’avez pas su corriger ou comprendre pour des raisons incontournables, et puis un dernier regard suffit pour entrer au cœur de la tentation. Je n’aimais pas Hegel et j’ai glissé sur Hegel avec bienveillance même quand je dînais au restaurant, grâce à un ami très cher qui m’a “ordonné” d’écrire un livre à ce sujet. Moi, cédant avec bonheur à cette fascination, j’écris un livre que je n’aurais jamais pensé écrire ou même aborder en harmonie avec le philosophe de l’esthétique de l’art et de la pensée.

La réconciliation est un acte d'amour, mais aussi de conscience et de raison

C’est ce qui s’est passé en littérature avec Pier Paolo Pasolini. J’en ai toujours traité dans diverses écritures entre le bien et le mal et au-delà du bien et du mal. Alberto Bevilacqua, mon ami sincère de la vie et de la mort, m’a ramené sur le chemin de Pasolini, du Pasolini religieux qui se regarde, s’observe et se voit dans le miroir de sa mère. Cette mère Pasolini, à la fois enracinée dans Pascoli à qui je dois tant à une compagne, de rendez-vous avec des rencontres, très douce, qui n’est pas seulement la “plaidoyer”, est le centre du temps, aussi de ma mère et de la des mères qui s’enferment tranquillement dans le fils et ce fils, qui pourrait être moi, porte la mémoire comme mémoire mais surtout comme centralisation de ce que l’oubli ne connaît pas, à savoir la mère. Et la mère est une véritable phénoménologie de l’esprit extraite de l’apparence et de l’apparence pour ne jamais devenir histoire mais temps et raison.

Pour ceux qui écrivent occasionnellement et font mon “travail”, ils ont besoin de s’éloigner, de prendre de la distance, de rompre avec leur propre modèle critique et d’essayer de faire vivre le langage, pas la vie (je pense que Ludwig Wittgenstein et Merlau Ponty sont ici ont pensé à ça suffit). La réconciliation avec la vie n’est pas encore un autre discours, du moins pour moi, de ce que j’ai dit plus tôt. L’entrelacement entre Augustin et saint Paul est mon viatique non pas entre l’existence et la théologie ou le christianisme, mais la vraie perception qui parcourt ce chemin qui nous dit que la vérité n’est jamais une certitude et que si elle reste certaine, la vérité est changeante. Autrement dit, chaque empirisme a sa propre vérité qui capture le cœur dans une transition de temps et d’époques.
Il est certain que tout ce que j’ai vécu a été assez vécu, ce qui fait que je dis que tout ce que je traverse et vois, je l’ai déjà vécu et déjà vu. J’entre donc dans le mythe de Leucò. Dans la vie les dieux entrent toujours en dialogue avec Dieu, ce dialogue est une réconciliation chamanique sacrée, immanente, ontologique mais aussi profonde et dans mon histoire le chaman n’est pas séparé de Dieu.

Il faut donc se réconcilier après s’être vu, car ceux qui ne vivent pas intensément avec amour, passion, courage, constance, sens éthique n’ont rien à témoigner au niveau testamentaire. Hé bien oui. réconcilier. Mais la réconciliation, ce n’est en aucun cas changer d’avis. Il se regarde de l’autre côté du miroir. Je ne sais pas si tout peut être relatif ou absolu, mais il est clair que spirituellement il ne faut pas s’engager dans les deux voies avec luxure et vigueur.
Hegel c’est la vie et la philosophie avec ses rites et Nietzsche l’a très bien compris. Pasolini, dans sa contradiction, est un prophète que d’autres ont approuvé dans la légèreté de la culture ou de ceux qui pensent que la pensée se sauve avec la légèreté. L’idée est que Parménide vit encore dans la caverne de Platon dans une solitude heureuse et claire. La pensée est l’ironie d’Héraclite qui enseigne que sans l’Orient il ne peut y avoir d’Occident. Il vaudrait mieux dire que si la philosophie connaît les spectacles de l’Occident, ses origines se trouvent sur le rebord de la fenêtre de cet Orient spirituel, magique et alchimique que Pythagore et Maria Zambrano ont bien connu.

Un temps sans fin est la réconciliation. Avec eux-mêmes et avec ce qu’ils ont traversé, touché, habité. La confusion est toujours proche du vent et les conflits sont des mains qui ne veulent pas se tendre entre l’autre et l’histoire, entre le vécu et le présent. La réconciliation est un acte d’amour, mais aussi de conscience et de raison. Nous ne sommes pas dans un fait épistémologique. Nous sommes dans la vie.

Pierfranco Brunic

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