Edvard Munch. Un poème sur la vie, l’amour et la mort à l’automne du musée d’Orsay – Monde

Edvard Munch, Soirée sur le boulevard Karl Johan, 1892, huile sur toile, musées d’art et maisons de compositeurs KODE | Photo : © Dag Fosse / KODE

Monde – Trop souvent cristallisée autour de son œuvre la plus célèbre, la notoriété d’Edvard Munch s’identifie presque toujours àpousser un crioù le visage obsédant de la figure au centre de l’image incarne la peur de l’homme moderne.
“Je marchais dans la rue avec deux amis quand le soleil s’est couché, le ciel est soudainement devenu rouge sang. Je m’arrêtai, épuisé, appuyé contre une clôture. Il y avait du sang et des langues de feu sur le fjord bleu-noir et la ville. Mes amis continuaient à marcher et je tremblais encore de peur… Et j’ai senti un grand cri sans fin envahir la nature ». C’est ainsi que l’artiste a écrit sur le cadre de la version de 1895. Pourtant, la production du peintre norvégien s’étend bien au-delà de son chef-d’œuvre emblématique, qui s’étend sur une carrière de 60 ans.

L’exposition à Paris montrera la complexité, mais aussi la modernité de son pinceau polyvalent Edvard Munch. Un poème sur la vie, l’amour et la mortattendu au musée d’Orsay du 20 septembre au 22 janvier.


Edvard Munch, Filles sur le pont, 1927, 100,5 × 90 cm, Oslo, Munchmuseet | Photo: © Munch Museet

L’exposition, prête à inaugurer la rentrée du musée parisien, s’inscrit bien entendu dans l’un des grands axes de la programmation du musée d’Orsay, qui depuis sa création s’attache à la redécouverte des personnages, et pas seulement des Français. , qui a ouvert la voie à la modernité. Après la dernière tournée en France que lui a consacrée le Centre Pompidou, qui a pris son « œil moderne » comme un prisme, Munch revient à Paris dix ans plus tard pour une rétrospective qui couvrira toute sa carrière artistique.

L’exposition sera un des centaines d’œuvres, dont une quarantaine de peintures célèbres et une série de dessins et d’estampes. Ancrée au XIXe siècle, l’œuvre de l’artiste est innervée par une vision singulière du monde qui lui confère une puissante dimension symboliste, colonne vertébrale de toute sa production allant au-delà des chefs-d’œuvre créés vers 1890. Le parcours conçu par le musée d’Orsay, en collaboration exceptionnelle avec le MunchMuseet d’Oslo, proposera une lecture globale de son œuvre, en soulignant sa cohérence, et se déplacera entre les œuvres exposées Filles sur le pontNeige fraîche sur la routenuit étoiléeLe soleilVampire, prêté par Munch Museet.


Edvard Munch, Neige fraîche sur la route, Huile sur toile, 100 × 80 cm, Oslo, Munchmuseet | Photo: © Munch Museet

Loin de suivre une tendance chronologique, le parcours sera construit sur le principe du cycle, puisant dans la symbolique qui a joué un rôle fondamental dans la pensée et l’art de Munch. Fasciné par le concept de métabolisme, l’artiste exprime régulièrement l’idée que l’homme et la nature sont inexorablement unis dans le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Dans ce contexte, le peintre développe une iconographie originale, largement inspirée des philosophies vitalistes de Friedrich Nietzsche et Henri Bergson.
La notion de cycle intervient à plusieurs niveaux dans l’œuvre de Munch et devient un outil essentiel pour comprendre sa peinture, y compris dans la construction des toiles, où certains modèles sont régulièrement répétés. Cette conférence permet de bien comprendre son processus de création, qui l’amène à produire régulièrement de nombreuses variations d’un même motif, mais aussi de nombreuses versions d’un même sujet, d’un médium à l’autre.

L’exposition du musée d’Orsay invite donc le public à voir l’œuvre de Munch dans son intégralité, toujours dans la lignée d’une pensée picturale inventive : une œuvre à la fois cohérente, parfois obsessionnelle et pourtant sans cesse renouvelée.


Edvard Munch, Nuit étoilée, 1889 | Merci à Munchmuseet, Oslo

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