Nicola Cerantola : « Quelle relation avons-nous avec nous-mêmes ?

L’idée de cette série de rencontres, du 15 au 17 juillet à la Foire de Vicencevient d’une question : combien valent les relations dans tous les domaines de notre vie ? Après avoir vécu ces deux années de pandémie, avec un changement radical dans la gestion des relations avec les personnes et avec les espaces qui nous entourent, nous avons compris qu’être ensemble, échanger des idées et interagir sont plus fondamentaux que jamais. Et c’est comme ça que ça commence Rapport 2030, un événement dédié aux relations, sous toutes ses formes. Philosophes, écrivains, chanteurs, entrepreneurs, scientifiques et économistes en parlent : « La première étape, cependant, est de nous relier à nous-mêmes et au monde dans lequel nous vivons », explique-t-il. Nicolas Cerantolaingénieur, expert en procédés économie circulaire, également invité au sommet de Vicence. « Malheureusement, nous avons construit avec la planète une relation souvent éphémère, une relation en tête-à-tête. On mange là où il y a de la nourriture et puis, quand on a tout fini, on bouge, peu importe. Il faut changer d’état d’esprit, comprendre que pour vivre mieux, on peut et on doit améliorer notre rapport à l’environnement ».

Le rapport à la nature est donc central. « Je pensais que la période pandémique nous aiderait à arrêter, à prendre davantage conscience. Au lieu de cela, nous sommes constamment à la poursuite de qui sait quoi, toujours distraits par les médias sociaux, toujours téléphone en main », poursuit Nicola Cerantola, anticipant ici les points de son discours lors de l’événement, « Il tombe indéniablement que le problème environnemental est un problème mondial, mais nous devons aussi l’aborder à une échelle personnelle. La pandémie nous a appris que nous sommes tous connectés et que le comportement de chacun est important. Le changement doit donc être avant tout mental, je dirais spirituel ».

Mais n’y aurait-il pas besoin d’une coordination plus générale, plus politique et institutionnelle en plus des comportements personnels ?
« Les Missions de développement durable, le Forum économique mondial et le Green Deal sont très importants, ils donnent certainement une direction et un cadre. Mais je crois qu’il faut aller plus loin, faire un pas de plus, donner à chacun plus d’imagination pour trouver des solutions toujours plus créatives ».

Par exemple?
« C’est ce que nous faisons avec Ecologing, notre société de conseil et de formation : nous allons à la rencontre des entreprises pour comprendre où intervenir, où trouver des solutions qui permettent d’éliminer le gaspillage et d’optimiser les chaînes d’approvisionnement. Nous travaillons sur le changement de mentalité et essayons de changer de point de vue. Comme on dit de nos jours, la nôtre est une œuvre de Sensibilisation, de conscience, de conscience. En repensant aux cycles de production de certaines entreprises, nous en sommes venus à créer de nouveaux métiers basés justement sur l’absence de déchets, le recyclage, la valorisation, la recirculation. Mais il est étonnant de constater à quelle fréquence de nombreux entrepreneurs et gestionnaires ne savent pas par où commencer. Ici, nous les guidons pas à pas dans ce processus de transformation circulaire ».

Mais quel serait le premier conseil que vous donneriez à une entreprise qui souhaite accorder plus d’attention aux déchets et à l’impact environnemental ?
« Il ne faut pas être pressé : souvent les retombées, même économiques, mettent 5 à 10 ans à se faire sentir. Ce qui semble rentable aujourd’hui ne peut être tenu pour acquis qu’il le restera demain. Il y a une entreprise espagnole que nous suivons qui produit des biscuits : maintenant, ils sont en difficulté parce que les coûts énergétiques pour cuire leurs produits ont grimpé en flèche. Eh bien, s’ils avaient utilisé des énergies renouvelables il y a des années, ils en verraient les avantages aujourd’hui. Parfois, les gens ne se rendent pas compte qu’avec n’importe quel investissement, même à long terme, des mécanismes vertueux seraient activés. Il y a un proverbe espagnol qui dit que le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans, le second est maintenant. Comme pour dire : vous auriez dû y penser avant, mais si vous ne l’avez vraiment pas fait, mieux que jamais ».

Et où pensez-vous que nous sommes?
“C’est indéniable qu’il y a aujourd’hui de nouvelles technologies qui peuvent ouvrir de nouveaux scénarios, mais il faut changer notre rapport, justement, à ce qu’on produit et à ce qu’on utilise : si j’économise des ressources, j’évite certains bulldozers qui défrichent l’Amazonie”. C’est maintenant clair : si on met l’étiquette « déchet » sur quelque chose, on est perdu ».

Si on vous demandait quel est votre métier, que répondriez-vous ?
« Je dirais un explorateur circulaire, ou peut-être mieux : un provocateur circulaire ».

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