Jannacci ne peut pas être défini. C’est un monde à découvrir

Photo Dorotea Castro

Ce ne sera pas qu’un concert, mais un voyage dans un monde incroyable, celui d’Enzo Jannacci qui mérite d’être redécouvert et – pour les plus jeunes – découvert et connu. Un monde composé d’éléments apparemment distants et dissonants, allant du comique au tragique, du drôle au mélancolique, avec des personnages et des situations surréalistes. Surréaliste comme seule la réalité peut l’être parfois. Une force communicative et un message toujours d’actualité, comme si ces chansons, ces pages de musique et ces histoires bizarres étaient écrites hier. Et personne mieux qu’Elio n’aurait pu entrer dans ce monde et se mettre à la tête de ce voyage. Riez, réfléchissez, amusez-vous, soyez excité.
Elio, qui pour la première fois en tournée n’est pas accompagné des “Tense Stories”, tourne en Italie depuis plus d’un an avec “Ci prend l’oreille” et arrivera lundi 18 juillet au Festival Anima à Cervere, à l’Amphithéâtre de l’âme à Grinzano. Les billets sont en vente sur Ticketone.

Elio Elio est nécessaire A74I7959 © Dorotea Castro
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Nous l’avons interviewé ces jours-ci pendant une pause de répétition. Pour nous parler de Jannacci, d’Elio et de la rencontre entre les deux.

Allons-nous commencer par vous ou par lui ? Ou le vôtre… qu’avez-vous en commun avec Jannacci et avec son monde.
C’est un artiste que j’ai toujours admiré et qui m’a en quelque sorte influencé dans ma façon de faire ce travail. Je peux dire que j’ai grandi avec du pain et des Jannacci. Cette façon de raconter et cette approche de la musique sont très similaires à la mienne.
Et puis il y a une autre question “familiale”, parce que c’était un ami de ton père, n’est-ce pas ?
Je confirme. Ils étaient camarades de classe au Liceo Classico Berchet de Milan et, enfant, j’ai souvent entendu parler d’eux. Et c’était incroyable pour moi de savoir qu’un ami de mon père était un artiste célèbre.
Au fait, quand il s’agit de Jannacci, comment peut-on le définir ? Comment le définissez-vous ? Chanteur, poète, auteur-compositeur, acteur…
Je me demande s’il est approprié de le définir. Peut être pas. C’est juste pour écouter. Son univers est si riche en facettes qu’il ne rentre dans aucune définition.
Nous arrivons au spectacle. Comment est-il né ?
J’avais déjà travaillé avec le metteur en scène Giorgio Gallione dans le récital consacré à Gaber. Et après Monsieur G, l’idée de ce nouveau métier est née. Le groupe qui m’accompagne est composé de musiciens très talentueux. Nous nous amusons beaucoup et à toutes les dates jusqu’à présent, le spectacle a été un énorme succès. Cela dit surtout l’actualité et la puissance communicative de Jannacci, qu’il faut absolument redécouvrir.
Votre rôle dans tout cela est crucial. Vous avez un public hétérogène et transversal, allant du très jeune à l’adulte, qui touche aussi des environnements musicaux très différents… mais Jannacci risque peut-être de ne plus toucher la jeune génération…
C’est exactement pourquoi j’aime l’idée de rendre cet hommage. Il mérite d’être placé parmi les grands artistes tels que Gaber, Dalla et d’autres. Et puis c’est unique, vraiment unique. Réfléchir aux autres auteurs-compositeurs et musiciens peut vous aider à identifier leurs références artistiques et leurs influences. Cependant, comme Jannacci, il n’y a que Jannacci. Il vient de commettre un grand péché, une erreur…
Quelle?
Cela nous a fait rire. Et souvent ceux qui peuvent faire rire les gens ne sont pas pris au sérieux. Comme si ce qu’il fait – tout compte fait – n’était pas si important. Mais ce n’est pas le cas.
En fait, la présentation de l’émission renvoie la fameuse phrase qui dit : « Si vous ne riez pas, vous n’êtes pas une personne sérieuse. Ne pensez-vous pas que ce sont les artistes qui savent rire et faire rire qui sont le plus à même d’atteindre le cœur des gens, même s’il faut “être sérieux” ?
Je suis totalement d’accord avec vous. Mais vous et moi sommes évidemment fous (rires !) et au lieu de cela, beaucoup ne le pensent pas. Le rire est sérieux. Tout comme la vie.
Il ne reste plus qu’à nous donner rendez-vous à Cervere. La province de Cuneo n’est pas nouvelle pour vous, n’est-ce pas ?
Non, je la connais bien, j’y suis allée plusieurs fois avec « Elio et les histoires passionnantes » et je dois dire qu’il y a deux choses qui m’ont toujours beaucoup marqué. L’accueil chaleureux du public et la nourriture. Deux choses que je pense retrouver cette fois !

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