les omissions des puissants, les classiques se souviennent de ceux qui souffrent – Corriere.it

de COMMANDER NUCCIO

Nous publions le texte que le journaliste et universitaire lit le vendredi 22 juillet avec la revue Milan. Contre l’arbitraire, les réflexions d’auteurs célèbres, de Sénèque et Cicéron à Giordano Bruno et Shakespeare

Le terme d’omission occupe une place importante dans différents systèmes juridiques : dans le domaine moral, juridique, religieux, il exprime un comportement cohérent lorsqu’il n’effectue pas une action ou lorsqu’il n’obtient pas de résultat qui devrait plutôt être atteint ou atteint en fonction d’une valeur appartenant à ce système particulier. Autrement dit, on parle d’omission lorsqu’on ne fait pas quelque chose qui doit être fait pour respecter une norme.


Par exemple, dans la théologie catholique, l’omission est considérée comme un péché grave. Dans le discours eschatologique de Evangile selon Matthieuil semble que le verdict final soit principalement basé sur ce qui aurait dû arriver et ce qui n’aurait pas dû arriver : Parce que j’avais faim et tu ne m’as pas nourriJ’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli, nu, et vous ne m’avez pas vêtu, malade et enfermé, et vous ne m’avez pas visité (25:41-43) .

Ceux qui n’ont pas aidé leurs frères et sœurs dans le besoin sont condamnés au châtiment éternel. La lecture de ce passage a donné lieu à plusieurs interprétations. Bien qu’il n’y ait pas de consensus général, il semble clair que pour Jésus, l’essence du christianisme coïncide avec l’amour gratuit offert aux autres. Pas un amour abstrait, pas un amour verbal qui se dissout dans une prière, mais un amour concret qui doit se traduire par une action matérielle, par un comportement tangible : donner à boire aux assoiffés, nourrir les affamés, vêtir les nus, recevoir les étrangers, secourir les malades, visiter les prisonniers, représentent les règles de base de la coexistence civile des hommes.

Au fil des siècles, de nombreux classiques, dans un contexte exclusivement laïc, ont réaffirmé l’importance de la solidarité humaine. Je pense à quelques beaux reflets de Sénèque disséminés dans sa belle Lettres à Lucilius. Pour le grand philosophe latin, il ne suffit tout simplement pas de ne pas nuire à son prochain. encore un grand mérite, mais finalement très peu. Mais à côté de chaque commandement et de chaque action spécifique, il y a un critère pour orienter son comportement, une règle générale qui, en résumé, nous enseigne les vrais devoirs de l’homme : être conscient du fait que tout ce monde dans lequel nous vivons est une unité et que nous, les humains, sommes membres d’un grand corps. Unique et en même temps faisant partie d’un tout. Pour Sénèque, la nature nous a attirés vers une vie proche des liens familiaux, nous faisant naître des mêmes principes et pour poursuivre les mêmes objectifs.

[La natura] il a donné corps à la justice et à la justice ; en vertu de sa loi constitutive, il est plus misérable de faire le mal que de le souffrir ; par son commandement, nos mains sont prêtes à soutenir tous ceux qui ont besoin d’aide. Puisse ce célèbre verset être dans nos cœurs et sur nos lèvres :Je suis un homme, je pense que rien d’humain ne m’est étrangerNous mettons chaque bien à la disposition de tous. Nous sommes nés pour être à la disposition de tous. La société humaine est tout à fait comme une voûte de pierre, qui s’effondrerait si les pierres individuelles n’étaient pas constamment appuyées les unes contre les autres : c’est précisément pour cette raison qu’elle devient voûte entretenue.

Ici le célèbre couplet d’une pièce de Terentius (Heautontimorumenos, l’auto-punisseur, v. 77) – qui au cours des siècles a eu une grande fortune de Cicéron à Juvénal, de saint Augustin à Jean de Salisbury, à Dostoïevski et Gide – est utilisé par Sénèque dans un contexte dominé exclusivement par le thème de la solidarité humaine : Homo sum, humani nihil a me alienum puto, tout ce qui concerne les hommes m’intéresse, parce que je suis un homme. Chaque personne est en fait une seule pierre qui, en combinaison avec les autres, contribue à supporter le poids de la voûte. Rendre chaque bien accessible à tous, c’est favoriser l’amalgame nécessaire pour que chaque pièce soit reliée à l’autre de manière à créer une société humaine solide (qui peut supporter n’importe quel poids) et solidaire (qui peut supporter les parties individuelles peuvent fusionner dans un tout bio).

En supposant une lettre de Platon (vous devez garder à l’esprit qu’aucun de nous n’est né uniquement pour nous-mêmes), Cicéron a souligné dans officiellement que nous ne sommes pas seulement nés pour nous et que les produits de la terre sont tous faits pour l’usage des humains, mais qu’ils sont générés pour les humains afin qu’ils puissent s’entraider. Ainsi, à l’imitation de la nature, l’homme pourra partager et lier les choses
gami social durable : Nous devons suivre la nature comme guide, faire pour le bien commun ce qui est utile à tous par l’échange de services, en donnant et en recevant, en tissant des liens sociaux entre les peuples avec les produits de l’art, notre activité et nos ressources .

Cicéron et Sénèque ne sont certainement pas les seuls exemples possibles dans le vaste océan de l’Antiquité. Bien d’autres auteurs pourraient être cités. Mais leurs réflexions nous ont permis d’identifier des thèmes qui reviennent sans cesse dans la littérature la plus diverse de chaque époque. Par exemple, je pense à un grand classique médiéval persan la rosace
ou
(Golestn) de Sa’d by Shrz (vers 1184-1291), qui dans une série de vers mémorables (certains, sans surprise, gravés dans le bâtiment de verre de l’ONU à New York) nous rappelle que tous les humains sont membres d’un seul corps et que le la douleur de nos semblables nous appartient. Nous sommes tous des enfants d’Adam, membres d’un seul corps. Et si une partie ressent de la douleur, la même souffrance se répercute nécessairement sur les autres parties liées entre elles : Les enfants d’Adam sont membres d’un même corps, car dans la création ils reçoivent tous la même nature. Quand le malheur blesse un membre, les autres membres n’ont pas de repos.

Ici aussi revient l’idée d’une humanité dans laquelle des individus spécifiques se retrouvent partie d’un tout identique. Pour cette raison, un homme qui ne se soucie pas de la douleur et de la souffrance de ses semblables ne mérite pas d’être appelé un homme ! (Ô toi qui ne te soucies pas de la douleur des autres, / Tu ne mérites sûrement pas d’être appelé un homme). Si vous êtes indifférent à la souffrance des autres, cela signifie que : le lien avec l’humanité a été rompu et, par conséquent, nous avons renoncé à être humain.

Mais malheureusement, ce sont ceux au pouvoir qui en premier lieu ne se soucient pas de ces derniers, les pierres rejetées, les sans voix. En fait, les reproches de Giordano Bruno s’adressent aux responsables lorsque :dans le la monaderappelle aux princes détenteurs du sceptre d’exercer le pouvoir sans fouler aux pieds les plus faibles : vous n’avez pas créé Dieu pour mépriser les nations que vous devez respecter, ni ne vous a ordonné de fouler aux pieds celles qui doivent vous respecter, comme c’était plutôt la coutume d’un pas un petit nombre de puissants qui manient le sceptre comme un instrument pour asservir les personnes négligées.

Pour Bruno, en effet, rien de plus sérieux que la volonté des puissants; la race avide et grossière, qui peut arbitrairement créer ses propres droits, croit toucher le ciel et peut bafouer n’importe quel droit en toute impunité.

Shakespeare, lui aussi, nous montre les péchés de négligence que commettent souvent les dirigeants. En fait, Lear ne se voit pas sous les traits d’un roi. Ce n’est que lorsque la folie le submerge que son aveuglement se dissout et qu’il peut regarder l’ingratitude des deux filles à qui il avait donné tous ses biens. Et juste au cours d’une terrible tempête (en parfaite harmonie avec la tempête intérieure qui le tourmente), le vieux père, dépourvu de toute défense, parvient à percevoir, à travers sa souffrance, la souffrance des pauvres, des affamés, des sans-abri : Pauvre nu misérable, comment vos têtes et vos hanches affamées et les trous et les fenêtres de ces haillons vous protégeront-ils d’une saison sans toit comme celle-ci ? Oh, j’ai toujours négligé ces choses ! Fasto, voici votre médicament : exposez-vous à tout ce que les pauvres ressentent pour vous débarrasser du superflu et le leur donner en montrant un air plus juste.

Il y aurait d’autres belles pages à lire par d’autres auteurs extraordinaires. Mais mon temps est maintenant écoulé. Je voulais juste montrer quelques petits exemples de la façon dont les classiques peuvent nous aider à rendre l’humanité plus humaine. Et surtout pour réfuter les mensonges violents que de nombreux partis politiques à travers le monde ont utilisés pour promouvoir l’égoïsme et la haine déguisés en nationalisme et localisme misérables. Derrière les mêmes slogans – l’Amérique d’abord, La France d’abord, le Brésil a top de tudo, les Italiens d’abord – se cache un mépris de l’autre, de l’autre, de l’étranger, de ceux qui souffrent de la faim, des dictatures, des guerres, discrimination fondée sur la race et le sexe.

Au cours des quarante dernières années, nous avons souffert des principes brutaux du néolibéralisme, résumés dans la formule de Margaret Thatcher (Tina : There Is Not Alternative) qui ont peu à peu annulé le droit aux droits, pour inclure une belle expression d’Hannah Arendt. De l’éducation au travail, des relations personnelles à la politique, tout est mis au service du marché et de la finance. La Cour suprême des États-Unis a, en une phrase simple, confirmé les droits des femmes (la question délicate de l’avortement), la protection de la planète (en supprimant l’autonomie de l’Environmental Protection Agency) et le droit à la vie (libéralisant l’usage des armes encore plus).

Maintenant plus que jamais, il est nécessaire de répéter clairement qu’il n’est pas vrai qu’il n’y a pas d’alternative. La littérature, l’art, la musique, la philosophie, la recherche scientifique fondamentale nous enseignent qu’il existe toujours une alternative et que cultiver des utopies, c’est la chercher et l’inventer.. Des utopies inspirées avant tout par une seule grande règle : celle de vivre pour les autres, de combattre la négligence et l’indifférence, d’agir matériellement en faveur de nos semblables afin de donner un sens fort à nos vies. Car, comme le rappelait Sénèque dans le Lettres à Luciliusalteri vivas oportet, si vis tibi vive (Il est important de vivre pour l’autre, si vous voulez vivre pour vous-même).

20 juillet 2022 (changement 20 juillet 2022 | 22:10)

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