Montre l’empereur Domitien. La haine et l’amour – Rome

Remarque:
Le nouveau lieu d’exposition des Musées du Capitole, la Villa Caffarelli, revient pour accueillir une grande exposition sur l’archéologie romaine.

Divisée en 15 salles le long du parcours, l’exposition raconte l’histoire de Domitien, figure complexe d’un prince et d’un tyran incompris de ses contemporains puis de la postérité, qui fondent leur jugement sur des sources historiques et littéraires, essentiellement opposées à celles en lui.

Plus récemment, l’analyse des sources matérielles, notamment épigraphiques, a restitué l’image d’un empereur soucieux de bonne gouvernance et de relations avec les militaires et le peuple, dévoué aux dieux et réformateur de la morale du peuple.
Un empereur qui n’a pas exigé et encouragé la formule autocratique “dominus et deus” considérée par beaucoup comme la motivation profonde du climat de suspicion, de terreur et de condamnations à mort qui a abouti au complot dans lequel il a perdu la vie.

La violente damnatio memoriae qui, selon les témoignages dramatiques de Suétone et Cassius Dion, aurait conduit à la démolition des statues le représentant et à l’effacement de son nom des inscriptions publiques immédiatement après sa mort, s’est en fait limitée à quelques contextes et elle ne trouve aucune confirmation dans le nombre de portraits qui nous sont parvenus à Rome et dans tout l’empire.

L’histoire de la vie de Domitien est confiée aux 58 œuvres de l’exposition de Leiden et aux 36 compléments de l’édition romaine : portraits en marbre et en bronze de personnages et divinités impériaux, éléments de décoration architecturale en marbre blanc et coloré et objets de petite taille en or et bronze.

Parmi les sculptures en marbre des gisements du Capitole, deux œuvres méconnues du stade de Domitien se distinguent : le torse de la statue d’Hermès défaisant une sandale, vu uniquement dans l’exposition Lysippe au Palazzo delle Esposizioni en 1995, et la tête de un jeune satyre rieur couronné de pins. Parmi ceux de la collection permanente des Musées du Capitole, on se souvient du portrait féminin de la “Dama Flavia” (le soi-disant “buste Fonseca”).

La première œuvre et icône de l’exposition, à Leiden comme à Rome, est le célèbre portrait de Domitien, conservé aux Musées du Capitole.
C’est de là que part le parcours de l’exposition, divisé en 15 salles et développé selon cinq grands thèmes :
Domitien, empereur et cher aux dieux ; la glorification de la gens Flavia et la propagande dynastique ; Les lieux privés de Domitien, de la maison natale sur le Quirinal au Palais Impérial sur le Mont Palatin et la villa d’Albano ; l’intense activité constructive à Rome ; l’empire protégé par l’armée et gouverné par la bonne gouvernance.

La statue du génie de Domitien se dresse au centre de la première salle, dédiée à l’impermanence de la vie, idéalement représentée par des portraits enfantins, faisant référence à l’empereur et à son fils décédés prématurément, et par la fenêtre “du temps de la vie ” : sur le cadran d’une horloge, solution conceptuelle et visuelle pour percevoir immédiatement l’écoulement rapide et inexorable du temps, huit objets symboliques symbolisent les moments cruciaux de la vie de l’empereur, indiqués par la main poignard que Domitien va tuer.

Le concept de continuité dynastique a dominé la plupart des actions de Domitien et a réalisé la glorification de la gens Flavia par l’érection d’arcs honorifiques pour le frère déifié et, sur le site du lieu de naissance, par l’érection du Templum Gentis Flaviae, un monument qui a été tourné mais aussi rompre avec le lieu et avec la tradition du Mausolée d’Auguste.
L’exceptionnelle tête colossale de Titus déifié et les fragments de Dono Hartwig montrent la grandeur conceptuelle et dimensionnelle du complexe du temple dédié à la famille Flavia.

Le thème des lieux privés de l’empereur part du contexte du Quirinal, la colline sur laquelle Domitien est né, pour arriver à la grandeur architecturale et décorative des villas en dehors de Rome et surtout du Palais Impérial sur la colline du Palatin, l’œuvre de l’architecte Rabirio.
C’est le lieu où l’empereur est apparu comme un dominus et où l’opulence et le luxe flaviens sont les plus évidents, grâce à de nouveaux langages architecturaux et décoratifs, qui recourent à l’utilisation massive du marbre coloré.

Le chemin à travers les places publiques de Domitien illustre l’intense activité de construction qui s’est développée à la fois dans la reconstruction des bâtiments détruits par l’incendie de 80 après JC et dans la construction de nouveaux monuments fonctionnels pour la propagande impériale.

Dans la section sur Domitien “hors de Rome, au-delà des frontières”, introduite par la carte de l’empire, la relation avec les militaires et la construction et l’activité monumentale dans les villes et les régions de l’empire sont discutées, confirmant une cohérence qui n’est pas seulement militairement, mais aussi socialement.

L’exposition est animée par Claudio Parisi Presicce, Maria Paola Del Moro et Massimiliano Munzi.

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