Sur deux poèmes de l’Egyptien Hossam Barakat… de Domenico Pisana

Hossam Barakat, Égyptien, vivant au Caire, diplômé en langue et littérature italiennes de la faculté de l’Université Al-Alsun Ain Shams, est un jeune débutant qui est entré dans la poésie avec une grande passion. C’est un musulman sunnite, avec une orientation politique réformiste, et plusieurs de ses poèmes ont été publiés sur le blog “Aidicarta.it”.
Nous voulons couvrir deux poèmes de Barakat, car nous avons été particulièrement frappés par la dimension existentielle qui les parcourt.
le premier poème, “Je vais vous parler de moi”, est considérée comme l’essence d’une âme amoureuse qui, à travers l’usage et la sémantique des images, se réinterprète et exprime la beauté d’une relationnalité de sens. Le jeune poète entremêle des mots au sens pertinent : “absence”, “âme peu instructive”, “naufragé”, “marionnette”, “homme à la dérive”, “splendeur”, “douceur”, donnant vie à une versification dense d’intérêt humain. .
L’amour est la roue qui meut la vie du poète, mais il est aussi “douleur” au loin, il cède au regard de l’aimé, dont les yeux “Ils inondent l’âme et l’esprit comme s’ils étaient un déluge.”
Hossam Barakat utilise également la métaphore du naufrage. Il se sent comme un “naufragé” perdu dans la “mer de beauté” de sa bien-aimée, exalté comme un “Vénus qui a pris possession de son cœur” et comment “étoile” qui illumine les ténèbres de sa vie.
Utilisant l’anaphore et un style simple, le poète égyptien esquisse le monde de ses sentiments, déployant dans ses vers la passion, la délicatesse et la tendresse, la douceur d’un amour dont les baisers “Saveur de fraise“Et dont le sourire “Ils sont comme deux ailes de papillon blanc”“.
Les vers de Hossam Barakat ne présentent pas de raffinements linguistiques ni de distorsions alchimiques formelles, mais découlent de son cœur avec des mots simples, naturels et humbles, et parviennent à donner au lecteur, avec une musicalité prosodique, la beauté des images qui évoquent des émotions captivantes et universelles. . dans l’expérience de l’amour. En bref, il n’a aucun scrupule à exposer son cœur et son “moi”, apportant à la page son sentiment chaleureux et sincère, capable d’émouvoir et d’exciter, et avec un rythme oppressant et écrasant qui conquiert, enveloppe, l’âme avec étonnement et chaleur. En fait, dans ce poème, il y a de merveilleux “coups de pinceau picturaux” sur l’amour :

– ta peau blanche qui me fait frissonner dès que tu me touches ;
– beau front qui se vante d’une douceur sans bornes ;
– l’incommensurable tendresse dont tes bras chauds sont imbibés ;
– tes caresses amoureuses avec lesquelles je suis un chien pour tes pieds ;
– des seins lumineux où mon présent s’entremêle avec mon demain ;
– ton joli minois qui est mon nerf exposé.
Ce poème d’amour de Barakat est donc empreint de douceur, d’intimité et parvient à offrir des images dans lesquelles – comme le ferait un peintre – il transfigure des paysages intérieurs liés aux humeurs et aux émotions :

je vais te parler de moi
Que je suis condamné à un sort cruel
Pour ton amour autour duquel tourne toute ma vie
Et que j’ai un goût amer au palais comme du fiel
Pour ton absence qui n’est une douleur infinie que pour moi

je vais te parler de moi
Que je suis une âme indisciplinée qui déteste la soumission
Mais j’ai déjà cédé volontairement ou à contrecœur à tes yeux fascinants
Qui inondent mon âme et mon esprit comme s’ils étaient un déluge
À côté de ta peau blanche qui me fait frissonner au moment où tu me touches

je vais te parler de moi
Que je suis un naufragé dans la mer de ta beauté
Parce que tu es une Vénus qui saisit mon cœur
Pour la splendeur de ton beau front qui exhibe une douceur infinie
Comme si c’était une étoile qui éclairait mon monde sombre de son éclat

je vais te parler de moi
Que j’ai déjà glissé dans l’abîme de ta belle âme
Pour la tendresse sans bornes qui imbibe tes bras chauds
Parce que dès que tu me serres fort, j’ai une douce sensation sur ma peau
Comme si c’était le goût incomparable d’un bonbon
Ainsi que le parfum gracieux de ton beau menton parfumé à la rose

je vais te parler de moi
Je suis comme une marionnette entre tes mains
Pour tes caresses amoureuses avec lesquelles je suis un chien pour tes pieds
Près de tes seins radieux où mon présent s’entremêle avec mon demain
Et qu’ils me kidnappent d’une manière que tu ne crois pas

je vais te parler de moi
Que je suis obsédé par tes belles joues
Où je goûte le goût des fraises à chaque baiser
Parce qu’avec chaque sourire, ils sont comme deux ailes de papillon blanc
Ce qui me fait voir les rêves les yeux ouverts comme quelqu’un qui vit de beaux contes de fées

je vais te parler de moi
Que, malgré ton euphorie et ta chaleur, je suis vaincu
comme si tu étais un guerrier qui finit par abandonner
Pour ton joli visage, c’est mon nerf exposé
Grâce au scintillement de tes beaux cils
Alors sans toi je suis un homme à la dérive dont le coeur a beaucoup souffert
(je vais vous parler de moi)

Avec le deuxième poème, “Une vie égyptienne“Hossam Barakat recourt à une ode civile qui stigmatise”un pays qui sent l’histoire mais qui vit dans la décadence” où les rêves “s’évaporent” et où il y a un semblant de normalité face à “Réformes économiques(Ce) ils grincent des dents» ; les versets sont un « cri de condamnation » qui fixe « les injustices et les inégalités », les « déformations de l’économie », les « pauvres et les défavorisés », les « hommes politiques qui se fichent du progrès », en quête de «L’argent de Dieu contrôle tout pour te rendre fou”.
Barakat stigmatise la société dans laquelle il vit, interprétant un malaise qui touche une communauté où “les gens meurent pour avoir le besoin” et “la corruption règne”, notant clairement comment ce sont les gens qui “payent les dettes impayées des puissants qui paient”. , à “Toujours être coupable de choses que vous n’avez jamais faites”.
Ainsi, dans son propre pays, il devient un chanteur du malaise social et interprète son écriture comme la voix de quelqu’un qui cherche la vérité ; ce sont les premiers pas d’un cheminement qui envisage la poésie comme un moyen de communication, un chemin capable de « refaire l’être humain en lui » ; ce sont des passages qui témoignent de la façon dont le poète contemporain est appelé à interpréter avec sa parole poétique les relations entre les peuples et entre les individus, à vaincre la tentation de fermer les frontières, de rompre les liens de valeur, de réification du pouvoir politique et économique, de la renaissance de nationalisme et régurgitation raciste.
“Une vie d’Egyptien” est la voix d’un poète qui rêve d’une renaissance sociale, un rêve qui unit enfin l’ensemble du monde globalisé, et qui nous rappelle les mots de Quasimodo lorsqu’il dit dans son “Discours sur la poésie” (1953) que “le poète ne peut être passif dans la société : il “change” le monde… Ses images fortes, celles créées, battent plus dans le coeur de l’homme que la philosophie et l’histoire…” :

Une vie égyptienne
Mourir pour répondre à vos besoins
Né dans un tiers-monde où règne la corruption
Avec d’autres qui aiment réaliser leur rêve
Pendant que le vôtre se vaporise instantanément en synchronisation

Une vie égyptienne
Payer les arriérés des puissants
Né dans un pays qui sent l’histoire mais qui vit en déclin
Avec ses personnes défavorisées qui se répandent partout
et ses pauvres dont les réformes économiques grincent des dents
Alors que tout est surréaliste et qu’on ne se trompe que sur les apparences

Une vie égyptienne
Souffrir toujours de l’injustice et de l’iniquité
Né dans un paradis sans ses anges
Avec la classe moyenne boiteuse du feu des difformités économiques
Pendant que la bouse nous entoure de toutes parts

Une vie égyptienne
Pour protéger vos biens lourds
Né dans une galaxie où il n’y a pas d’étoiles
Avec ses politiciens qui se fichent de son évolution
et qu’ils ont divorcé après un court mariage
Bien qu’ils ne soient intéressés qu’à profiter des ressources les plus lucratives et les plus belles

Une vie égyptienne
Toujours coupable de choses que tu n’as jamais faites
Né dans une mer sans côte
Avec l’argent Dieu contrôle tout pour que tu deviennes fou
Alors que votre présent et votre avenir sont entre les mains de ceux qui sont cupides et de ceux qui sont méprisables…….
(Une vie égyptienne)

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