une comédie insolite sur l’amour et les coïncidences qui changent la vie

“Sposa in Rosso est une histoire d’amour “étrange”, mais pas que”. C’est ainsi que le réalisateur Gianni Costantino décrit ce film et en fait “Sposa in rosso” est une comédie spéciale ; il concentre son attention sur les imprévus et les coïncidences, celles qui semblent vraiment être motivées par une puissance mystique supérieure. Il raconte le tourbillon de situations insolites et bizarres dans lesquelles on se retrouve parfois et dont il est très difficile de sortir. A cela, le film conjugue le désir de liberté et d’indépendance du personnage principal contre l’incertitude, l’immaturité, mais aussi une pincée d’ingéniosité, de son compagnon de voyage qui tente lui aussi de trouver sa propre voie. Une histoire où les rêves se heurtent à la réalité, une histoire qui amplifie judicieusement le pouvoir du mensonge dans un pays comme l’Italie où le mensonge devient réalité. Les protagonistes du film recherchent des opportunités que le monde moderne ne veut pas leur offrir. Le casting est composé de visages nouveaux et expérimentés du cinéma italien. Les protagonistes sont Sarah Felberbaum dans le rôle de Roberta tandis que León est interprété par l’acteur espagnol Eduardo Noriego. Viennent ensuite des noms tels que Massimo Ghini en tant qu’ami inhabituel au talent transformateur, l’élégante Anna Galiena qui donne la parole aux traditions matriarcales du sud, Massimo Marchetti qui joue le père de Roberta et enfin le drôle, tacheté et parodique Dino Abbrescia.

Mariée en rouge – La Trama

Roberta vit à Malte et attend son premier enfant. Un jour, dans le bus de León, un homme élégant lui cède sa place, mais dès qu’elle s’assied, ses eaux se brisent. L’homme doit alors l’aider et compter les contractions avec sa vieille montre pendant qu’elle attend une ambulance. De là commence une longue série de coïncidences, entrelacées non seulement par les protagonistes mais aussi par le destin, qui les feront prétendre être en couple. Roberta est seule et pour faire plaisir aux parents traditionalistes venus de Bari uniquement pour voir son petit-fils, elle demande à León de se faire passer pour son petit ami. Sous la pression de Lucrezia – la mère de Roberta – qui attend le moment depuis des années, les deux se mettent d’accord : tous deux au chômage et sans projet concret pour l’avenir, ils feront semblant de se marier et mettront dans leurs poches les enveloppes qui les généreux convives débarqueront. Pour contrecarrer le plan, Sauro, le frère de Roberta qui est la parfaite parodie de l’Italien moyen, est plein de préjugés et de fausse respectabilité qui se méfiera de León. Le père de Roberta et sa mère tentent de trouver un équilibre de couple dans une relation victime d’habitudes et de passe-temps. Et enfin Giorgio, un tendre rêveur qui se révélera complice du couple et les aidera à affronter la vie en surmontant les peurs et les angoisses. Nous ne dévoilerons rien de plus, vous trouverez la bande-annonce ci-dessous.

Mariée en rouge – réalité ou fiction ?

Le film prouve immédiatement qu’il n’est pas enveloppé dans cette patine de comédie romantique parfaite. La réalité de la vie de Roberta et León est simple : le Covid la retient depuis 2 ans et ses tournées à vélo à Malte, alors qu’il attend depuis des années un prêt pour son projet de reportage, mais une exception à la règle l’élaguera . C’est ainsi que leur apparaît l’insécurité de la génération à laquelle ils appartiennent : la difficulté à trouver leur place dans le monde, à s’épanouir, avec le souffle sur le cou de leurs parents ou de ceux qui ont fait mieux pour eux. Les deux protagonistes aiment la liberté et l’indépendance et c’est justement dans la rencontre qu’ils se ressemblent. Roberta se retrouve dans une crise économique et a du mal à accepter l’aide de ses parents pour tout ce que cela signifie. Une cage dans la tradition, dans une manière de percevoir la vie fermée et immobile qui est aussi au bord d’un gouffre.

Comme elle le dit elle-même, ce qui reste est la fierté d’avoir pris ses distances et de s’être battue pour sa propre vie. Un autre aspect intéressant de la narration est celui de la garde du petit Ludovico : Roberta n’a rien alors que le père de l’enfant est riche et prospère. Le système d’accueil donne la priorité à tout le bien-être économique qui peut être garanti à l’enfant, plutôt qu’à la prise en compte des soins efficaces que l’un des deux peut lui apporter, mettant l’accent uniquement sur les différences sociales.

Tout le monde recherche la stabilité dans un monde qui se déchaîne sans jamais s’arrêter pour respirer. Mais si le film est intéressant dans son contenu, il semble miser un peu trop sur l’irréalisme des coïncidences qui fait office de moteur de l’action, mais est à peine croyable. Bien sûr, le cas est parfois extraordinaire, mais la multitude de situations où le personnage principal s’emballe peut être un peu surréaliste. Talentueux Dino Abbrescia et Anna Galiena. Le premier donne le visage de l’Italien moyen à la mentalité terne et concentré sur ses propres intérêts qu’il vivait sous le nom de l’entreprise familiale ; le second, en revanche, est le personnage qui tient les rênes de l’histoire et se heurte diamétralement à sa fille.

Lucrezia, avec son élégance, représente la croyance naïve que la tradition est la réponse à tout : s’accrocher au connu de peur de s’envoler vers l’inconnu. La mise en scène propose alors un décor où passé et présent s’opposent : Malte et les Pouilles. Il améliore la beauté des deux avec des vues panoramiques d’en haut, aidées par la photographie. “Bride in red” est donc une comédie qui part de schémas prédéterminés pour se frayer un chemin avec les protagonistes, pour comprendre que la réalité n’est pas telle qu’on l’imagine, qu’elle n’est pas le fruit d’un fantasme mais est faite d’expérimentations, de risques et opportunités qu’il faut saisir au fur et à mesure qu’elles se présentent.

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