Liz Taylor et Richard Burton, le grand amour raconté comme jamais

Elle aux yeux violets, lui au charme maudit. Baril, alcool et passion. Sans vergogne au nom de l’excès. Ils sont la première paire de notre collier exclusif. Dès le 28 juillet en kiosque

Un abîme de baril et d’alcool et en même temps des pics de passion déchirante. Liz Taylor et Richard Burton, elle une diva multi-mariée, lui un acteur gallois du répertoire shakespearien, marié lui aussi et père de deux filles, se sont aimés au nom des excès. La saga débute en 1962 sur le plateau italien de Cléopâtre, avec un très long baiser qui dépasse largement les repères du réalisateur Mankiewicz. S’en suit le “mariage du siècle” et après dix ans de divorce, puis un second mariage et un second divorce. Liz a avoué: “Richard était génial quoi qu’il fasse. Magnifique sur scène, devant la caméra et en faisant l’amour. On se sépare parce qu’on s’aime trop, la nôtre est une passion dévastatrice ».

Éhonté – C’est vraiment unique quand même aujourd’hui, 60 ans après, on est là pour faire la fête avec le premier livre de la série Grandi Amori, en kiosque à partir du 28 juillet. Ils étaient sans vergogne, Liz aux yeux violets et Richard au charme maudit. A tel point que même le Vatican les a mis à l’index. “Le moteur érotique de leur histoire était les scènes, de préférence en public”, note l’écrivain Barbara Alberti. “Ils ne savaient être ensemble qu’en se massacrant, mais il y a des histoires comme ça.”

MASTROIANNI ET DENEUVE – D’une toute autre couleur et rythme, plus complexe, est l’amour entre Marcello Mastroianni et Catherine Deneuve (le livre en kiosque du 4 août leur est consacré). Deux géants du cinéma européen : il est l’acteur fétiche de Fellini et connu dans le monde entier, bien qu’il soit le blond sophistiqué de la France, le scandaleux Beauté de jour de Luis Buñuel (1967). Ils se sont rencontrés à Paris en 1970, lors d’un dîner chez le réalisateur Polanski. La magie ne se brise pas, tous deux trop perdus pour pleurer sur les bandes précédentes : Marcello a récemment été abandonné par Faye Dunaway ; Catherine, divorcée de David Bailey et avec un fils de Roger Vadim, vit la fin de sa dernière relation. Cette fois avec le réalisateur Truffaut.

LA JOIE DE LA ROTOCALCHIE – Il faudra un film en 1971, Le Temps de l’amour, avant de pouvoir s’adonner à un sentiment de plus en plus puissant. Deneuve et Mastroianni deviennent la joie des magazines, leur lien passionné et anticonformiste est le miroir de la révolution costumée qui a marqué les années 1970. Connu comme un amoureux du latin, il explique à David Letterman en 1987 : « Je suis naturellement paresseux, ce rôle n’est pas le mien. J’ai été tenté, oui, et j’ai aimé avec joie. Je veux juste les rendre tous heureux. Nous les hommes nous sentons intelligents, mais si vous en voulez trop, vous finissez par ne plus en avoir ». Chez lui, il y a une femme qui l’a toujours attendu et lui a pardonné, sûre de son retour. Flora Carabella ne joue qu’une seule fois à l’attaque : Marcello et Catherine, ou plutôt « Caterinetta » comme il l’appelle, avaient très envie d’avoir un enfant, et en 1972 Chiara est née. À ce moment, Mastroianni s’installe à Paris, où il est appelé pour la première fois de la famille qui comprend Barbara, née en 1951 de l’union avec Carabella. C’est elle qui propose : « Marcello, finissons-en ici. Voulez-vous divorcer? Ok. » Laisse tomber ! L’indolent Mastroianni prend son temps, il n’arrive pas à se décider. Alors il répond : « Non, oublions. » Deneuve répétera : « C’est un beau lâche. Je peux le dire parce qu’il l’a dit » .

“J’ÉTAIS AMOUREUX, JE PLEURE” – Mastroianni dit alors à Enzo Biagi : « C’est Catherine qui a décidé de fermer, mais j’étais toujours amoureux. J’ai pleuré toute la journée. Nous avions une fille de deux ans et elle est née quand j’avais presque 50 ans. A cet âge-là, ça te semble un miracle, et puis le divorce devient très difficile ». Les quiproquos avaient alors accru les différences de caractère entre les deux acteurs : lui apathique, elle active et à l’allure militaire. “Il trouvait maintenant agaçant de me voir marcher dans la maison”, avoue Deneuve. Même ces 19 ans de différence comptent. Pourtant, le sentiment ne finira jamais. L’épouse légale de Carabella trouve la Française “sympa”, les deux filles s’embrassent affectueusement. Et Catherine reste une présence constante pour l’acteur, jusqu’à la toute fin, lorsqu’il meurt dans la maison parisienne de la rue de la Seine. Nous sommes le 19 décembre 1996. Les larmes mouillent les mots que l’actrice a toujours répétés : « Marcello était le grand amour de ma vie ».

Michèle Auritic

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