L’avenir de l’élevage en Suisse se joue dans les sondages


Porcs errants à l’air libre : telle est la vision de l’agriculture prônée par les associations promouvant l’initiative contre l’élevage intensif. Keystone / Mélanie Duchêne

Le 25 septembre, le peuple suisse votera l’interdiction de l’agriculture intensive. C’est une question sensible dans un pays lié à l’agriculture qui dispose déjà d’une législation très stricte sur le bien-être animal.

Ce contenu a été publié le 05 août 2022 – 15:05

De quoi s’agit-il?

Les organisations de protection des espèces et des animaux ont lancé avec succès une initiative populaire visant à interdire l’élevage intensif en Suisse. Cependant, le parlement gouvernemental estime que la législation actuelle protège suffisamment les animaux d’élevage et appelle la population à rejeter le texte lors d’une votation fédérale le 25 septembre.

Que demande exactement l’initiative ?

L’initiativelien externe demande que la protection de la dignité du bétail et l’interdiction de l’agriculture intensive soient inscrites dans la constitution suisse. En particulier, il a été déterminé que dans 25 ans, les exigences en matière de bien-être du bétail et de la volaille devront au moins respecter les directives de la marque Bio Suisse de 2018.

Ces exigences s’appliqueraient également à l’importation d’animaux et de produits d’origine animale.

Qui a lancé l’initiative ?

L’initiative a été lancée par des associations de protection des animauxlien externe, dont la Fondation Franz Weber et Sentience Politics. Cette association suisse-allemande rassemble des militants anti-espèces et de la société civile. Il est à l’origine d’une initiative cantonale dans la ville de Bâle pour la reconnaissance des droits fondamentaux des primates, qui a été rejetée par 74% des électeurs en février dernier. Sentience a également présenté des conférences pour promouvoir la nutrition végétalienne dans plusieurs villes de Suisse alémanique.

L’initiative anti-ferme est soutenue par Greenpeace, Bio Suisse, l’Association des petits agriculteurs, la Société suisse pour la protection des animaux, Pro Natura et le Parti écologiste suisse

Quelle est l’étendue de l’agriculture intensive en Suisse?

L’initiative définit l’agriculture intensive comme “l’agriculture industrielle qui vise à rendre la production de produits animaux aussi efficace que possible, tout en mettant systématiquement en danger le bien-être animal”. Selon le gouvernement suisse, l’agriculture intensive telle que définie est déjà interdite par la législation actuelle. La loi fédérale sur la protection des animauxlien externe stipule que toute personne qui interagit avec des animaux doit tenir compte au mieux de leurs besoins, garantir leur bien-être et ne pas porter atteinte à leur dignité.

En Suisse, l’élevage en batterie en cage a été interdit en 1996 et la législation actuelle prévoit un espace de vie minimum pour les animaux de compagnie, ainsi que le bétail et la volaille. Le règlement sur les effectifs maximaux pour la production de viandes et d’œufslien externe limite le nombre d’unités pour chaque espèce. Par exemple, les entreprises ne sont pas autorisées à garder plus de 1 500 porcs à l’engrais, 27 000 poulets de chair et 300 veaux.

Cependant, le comité d’initiative est d’avis que ces chiffres sont trop élevés pour garantir le bien-être animal et qu’il s’agit d’élevage intensif. En imposant les directives de Bio Suisse, elle espère que le bétail et les volailles seront gardés en plus petits groupes, avec plus d’espace et un accès garanti à l’extérieur. Le comité demande que les animaux soient traités comme des êtres sensibles et non plus comme des marchandises.

Les porteurs de la proposition dénoncent également les effets néfastes de l’agriculture intensive sur l’environnement et sur l’homme : résistance accrue aux antibiotiques, risque accru de pandémies et fortes émissions de gaz à effet de serre.

Quel est le score de la Suisse au niveau international ?

En Suisse comme ailleurs, la plupart des petites exploitations familiales ont cédé la place aux grandes exploitations spécialisées. Le nombre d’exploitations d’élevage a diminué de moitié en 30 ans, tandis que le nombre moyen d’animaux par exploitation a fortement augmenté.

Cependant, selon le centre de recherche agronomique suisse Agroscope, ce changement structurel est plus lent que dans les pays voisins, où les exploitations sont beaucoup plus grandes et se développent plus rapidement.lien externe. Le nombre de vaches laitières, de bovins et de porcs par exploitation est également le plus élevé en Allemagne, en France et en Italie. En Autriche, en revanche, il est plus faible.

La législation suisse sur la protection des animaux est particulièrement stricte et s’applique également au bétail. Elle va bien au-delà des lois en vigueur dans les pays de l’Union européenne, puisqu’elle impose non seulement des exigences de construction et d’espace disponible, mais réglemente également la formation des éleveurs, les conditions d’alimentation et de transport.

La Suisse se distingue également par ses programmes de promotion du bien-être animal mis en place dans les années 1990. La confédération accorde une subvention supplémentaire aux exploitations qui ont un système d’hébergement particulièrement respectueux ou qui laissent régulièrement sortir les animaux. Aujourd’hui, ces programmes sont appliqués dans la quasi-totalité des élevages de poules pondeuses et dans la plupart des élevages bovins et porcins.

Qui s’oppose à l’initiative d’interdire l’agriculture intensive ?

Le gouvernement et la majorité du parlement exhortent le peuple à rejeter l’initiative. Les partis de droite et du centre ne veulent pas introduire de nouvelles restrictions à l’élevage, car la loi sur la protection des animaux est déjà l’une des plus strictes au monde. Le monde des affaires, l’Union suisse des agriculteurs et presque toutes les associations d’agriculteurs sont également contre l’initiative.

Pour ceux qui sont contrelien externe, le bien-être animal est déjà une priorité absolue en Suisse et les exploitations sont exploitées en nombre limité. Ils craignent que si l’initiative est mise en œuvre, de nombreuses exploitations ne seront pas en mesure d’étendre leurs infrastructures et seront confrontées à des difficultés majeures.

Les opposants à l’initiative soutiennent également que l’augmentation des coûts de production serait répercutée sur les consommateurs et les consommateurs. Les importations de viande et d’œufs devraient augmenter, ce qui profitera au tourisme de détail. De plus, ceux qui s’y opposent soutiennent qu’il serait impossible d’appliquer les normes suisses aux produits importés car cela violerait les engagements de la Confédération auprès de l’Organisation mondiale du commerce.

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