Adieu – Ville de La Spezia

Les 23 écrits ci-dessous, chacun écrit au crayon et d’une belle écriture sur les feuilles d’un petit carnet couvert de noir, ont été retrouvés dans la poche intérieure de la veste de BM Man, 52 ans, qui s’est suicidé.

24 décembre – Au revoir mon amour, ce sont probablement les dernières lignes que je t’écris, j’espère que ce ne sera pas le cas. Cela dépend de toi. Nous nous sommes choisis et nous nous sommes aimés comme cela n’était jamais arrivé à moi ou à toi, peut-être jamais à personne. Nous avons défié le monde avec courage, le courage de ceux qui se sont enfin trouvés, après avoir cherché pendant des siècles et des galaxies. Nous avons été partout, et partout où nous nous sommes aimés, avec une passion imparable et jamais décroissante. Nous avons beaucoup ri et nous étions complices, amis sincères, nous partagions des peurs et des peines. Nous avons pleuré ensemble. On s’est donné complètement l’un à l’autre parce que ça ne pouvait être que comme ça. L’univers le voulait, en avait besoin, parce que notre amour a illuminé les ténèbres. J’ai pris soin de toi comme une fleur ; cela m’a rendu heureux… et dans ce bonheur je ne pouvais pas voir la douleur de ton cœur. Ce sera mon tourment pour l’éternité.
27 décembre – Mon amour pour toi était fort et pur dès le premier baiser sur mes lèvres. J’ai eu peur. Cela ne m’était jamais arrivé. Immédiatement après, j’ai été submergé par ce baiser, par toi. Et depuis, et ce sera pour toujours, je n’ai jamais rien voulu d’autre dans la vie. Je ne le ferai jamais non plus.
29 décembre – Tu me laisses entrer dans ta vie, dans ton cœur, tu me laisses te rendre heureux, te fondre dans ton regard amoureux, entendre ton rire vital, voir ton regard vagabonder tandis que tu poursuis une idée, te voir être vu dormir avec un poing fermé sur la bouche; aimer/vénérer ton corps, voir tes larmes, tu m’as permis de te voir t’enfuir sur tes chemins, colorer en bleu notre tour, dormir à tes côtés, tu m’as fait comprendre la beauté de faire l’amour, tu as vu moi pleure, tu m’as permis de pleurer pour toi, de me disputer comme jamais, de te livrer mes secrets, de connaître certains d’entre vous, de te tenir la main et de te caresser au cinéma; tu m’as fait tomber follement amoureux, tu m’as fait voyager côte à côte, réaliser certains de tes rêves, me faire sentir important avec ton sourire, embrasser tes lèvres et ta peau, sentir ta chaleur et voir ta lumière, aimer l’incroyable/ personne compliquée que tu es à aimer et à apprécier, pour retrouver ton parfum sur moi; tu m’as donné ta jalousie, tu m’as fait découvrir à quel point la mienne est puissante, tu m’as permis d’entrevoir tes océans de mélancolie, tu m’as permis d’entrer dans ton cœur… et maintenant je ne voudrais jamais laisser plus.
31 décembre – Je suis infiniment triste. Je m’assoupissais dans la sécurité de notre amour. Tu m’as réveillé et je suis dans un monde terrible d’absence et de douleur.
1er janvier – Vous savez, ce n’est pas ce qu’on s’est donné qui va me manquer, mais ce qu’on aurait pu nous donner aurait dû nous en donner plus.
12 janvier – J’ai toujours aimé la vie, avec toutes ses émotions les plus exaspérées, vous savez ; et maintenant je trouve que je la déteste. Je n’y crois plus, je ne crois qu’en toi. En vous partant. Je n’existe que dans tes bras. C’est dans tes yeux, dans nos corps unis, que je ne sortirai jamais. Tout le reste n’est qu’une grande misère et en ce qui me concerne peut immédiatement cesser d’exister.
13 janvier – Vous m’écrivez : je vis pour la journée, et je vais bien aujourd’hui. C’est une belle phrase, je suis content pour toi. Pour de vrai. Mais j’espère de toutes mes forces que ce jour passera bientôt, et alors, quand vous reviendrez, vous verrez à quel point ce sera mieux d’être avec le nouveau Moi. Né de la douleur que tu m’as donnée… Tu n’iras pas bien, tu seras dans un paradis d’attention, d’amour et de passion, sans un seul instant d’incertitude.
15 janvier – Hier soir, j’ai clairement vu un de nos moments : tu étais sur le point de coucher avec moi. Tu étais debout, nu, tu rayonnais. Tu m’as souri. Ce fut un clin d’œil. Je t’ai regardé, et je t’aimais tellement, j’aimais ton corps avec tant de tendresse… Ce n’était pas une passion. C’était l’autre.
Celui qui me fait sentir que chaque pouce de toi est si précieux pour moi; tes épaules, ta peau chaude et parfumée, tes jambes que j’adore, ton beau dos musclé et élégant. Ta bouche, que je ne supporte pas d’être touchée, pas même par un souffle de vent.
17 janvier – Vous savez, nous avons encore tout devant nous, nous allons pouvoir vivre de grandes et belles choses. J’ai une grande confiance en nous; et mon amour pour toi est maintenant si parfait que je suis toujours là à t’attendre. Avec l’âme à vos pieds.
21 janvier – Emmène-moi où tu veux. Je te suivrai pendant que je t’admire, et je te regarderai voler, adorant l’émerveillement que tu es.
23 janvier – “Tu m’as fait souffrir”. Je te demande pardon de tout mon cœur, ce qui est merveilleux, tu sais. Tu y as fait un nid, tu y vis pour toujours. Mais ton coeur va mieux. Non, je me trompe; le mien est plus beau parce que tu es dedans.
24 janvier – Je ne te ferai plus jamais souffrir et je rendrai ta vie lumineuse et pleine de passion, de beaux rêves et de belles pensées. Reviens-moi mon amour, reviens-moi. Nous construirons notre nouvelle vie ensemble, et ce sera comme vous le souhaitez.
29 janvier – Regarde-toi dans le miroir, regarde les yeux que j’aime, les lèvres, les seins, les hanches ; tes mains. Écoute ta voix, comprends-tu pourquoi je ne comprends que ta langue ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas vivre sans toi ? Quelle joie immense, infinie aurai-je quand tu reviendras avec moi ?
Je veux que nos vies soient faites à ton image et à ta ressemblance, selon ta volonté, qui est enfin devenue la mienne. Je veux te donner mes plus belles couleurs, je veux t’embrasser… Je veux que nos mondes et nos rêves ne fassent qu’un. Je veux être l’eau qui te lave, la lumière qui te façonne, je veux que ma chair soit ta chair, que ta voix et ton rire sortent de ma gorge. Je veux juste t’accompagner, t’aimer et trouver ma joie dans ton sourire. Si quelque chose te rend parfois malade, je te comblerai de tendresse pour que tu te sentes un peu mieux. Si vous avez besoin de moi, vous me trouverez à proximité, en respectant toujours votre temps. Et je saurai être léger, transparent comme un voile, comme l’air, si tu veux être seul.
3 février – Poésie-Vent bien-aimé (c’est probablement la dernière fois que j’écris “ton nom” que j’ai dessiné et gravé sur un cœur avec le mien. Je suis sûr qu’il restera quelque part pour toujours), j’ai essayé de te donner un amour léger et passionné, pendant des années j’ai pu, ces derniers temps, lamentablement, j’ai échoué. Maintenant j’en paie les conséquences, et je désespère.
9 février – Nous sommes faits de la même chair, du même sang, nous avons les mêmes yeux, les mêmes rêves. Nous sommes à nouveau Un divisé, comme la pomme de Platon… Ce n’est pas naturel, c’est faux. Reviens-moi, mon amour. Répondez moi plus tard. Je suis ton homme, enfin complet ; ce que tu veux vraiment maintenant, je le suis enfin. Fabriqué par vous.
12 février – Tu sais, j’ai enfin compris ma mère quand elle m’a parlé de sa douleur éternelle, de sa nostalgie infinie constante pour son ange. Maintenant je comprends quand il m’a dit qu’il préférait mourir que de vivre sans lui. Maintenant c’est pareil pour moi. Je voudrais tout oublier, m’endormir et ne plus jamais me réveiller. Que suis-je sans mon ange ?
23 février – Cet après-midi, je me suis agenouillé et j’ai prié. Pour ce ciel gris, à haute voix. Avec les yeux pleins de larmes. J’ai prié pour ton amour pendant longtemps
25 février – Insensé. Tout n’a pas de sens loin de toi. Tout ce que je fais, chaque jour, chaque heure, chaque seconde, chaque respiration… Et je pense… L’esprit ne s’arrête pas. Et je réalise combien de fois je me suis trompé avec toi. Je comprends petit à petit. Pardonnez-moi si vous le pouvez (je ne le ferai jamais).
27 février – La colère dont vous parlez vient de notre amour blessé. C’est l’amour qui essaie de ne pas être reconnu. Mais comme moi, avec la douleur que je ressens depuis quelques semaines, la colère peut venir se comprendre, voire se sublimer. Et pour fleurir la belle roseraie de notre amour, qui a des racines profondes, fermes et fortes.
1er mars – J’ai ressenti le besoin de retourner à nos places; la rivière, la forêt, la plage, la maison où nous avons fait l’amour pour la première fois… J’ai dû les mouiller de larmes.
3 mars – “Je sais que je n’aurai plus un tel amour… parce qu’il était puissant. Unique.” Vous pouvez le récupérer dès maintenant. Cent fois plus belle, plus attentionnée, sans un instant de douleur. Tu as eu beaucoup de courage pour me quitter, peut-être faudra-t-il plus de temps pour revenir.
7 mars – Je suis tellement fatigué… C’est en vain. Tu ne m’écouteras pas, pas même le cri de ton cœur.
10 mars – Bien sûr “Nous sommes assez forts pour être seuls”, mais le bonheur que nous avons vécu ensemble est autre chose. Fais ta vie, si je te manque, je serai là. Maintenant, j’aimerais écrire quelque chose pour te faire rire, comme je savais le faire autrefois, mais ça ne me traverse pas l’esprit… Adieu, mon amour.

Beppe Mecconi

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