Sophie Marceau, de “Apple Time” à “Une femme de notre temps” – Corriere.it

de Paolo Baldinic

L’actrice française travaille sur le tournage du film, qui sortira en octobre, une histoire d’émancipation et de pouvoir féminin

Il met et enlève le masque avec un grand geste de diva. Comme s’il respirait. Il dit aimer le mystère, le théâtre et la gestuelle, le pouvoir de séduction des mots, mais aussi “les silences qui créent la conscience”. Il soupire : “Quand je regarde un film à la maison, je coupe souvent le son pour me concentrer sur les visages.” Il parle de l’autonomisation des femmes et affirme que les femmes sont « mieux adaptées au défi du changement parce qu’elles sont habituées à vivre dans le présent en semant une graine dans l’avenir ». Ses parents se sont séparés quand il avait 9 ans. Dans une interview, il a admis: “Après tout, je ne pense pas les avoir jamais rencontrés.”

Il dit accepter les critiques de ses deux garçons avec sérénité: Vincent, 27 ans, fils du réalisateur Andrzej Zulawski, et Juliette, 20 ans, née d’une relation avec le producteur Jim Lemley. Il n’a pas peur du temps qui passe : « Je mange sainement, je reste en forme, je ris. Le vieillissement est inévitable ». Il explique que “les films peuvent devenir plus véridiques que la réalité” et ajoute qu’il a développé un lien profond avec tous les personnages qu’il a interprétés, d’Anna Karénine à la princesse de un cœur brave au vénéneux Elektra King of 007 – Le monde ne suffit pasparce qu’il a creusé dans leur histoire et eux dans la sienne. « Je me suis assuré que les gens les comprenaient. J’ai prétendu qu’ils étaient réels. J’aime toutes les femmes que j’ai mises en scène parce qu’elles souffrent et se battent ». Sophie Marceau, la petite fille au premier baiser du l’heure de la pomme (1980), aujourd’hui, à l’âge de 55 ans, est le protagoniste de Une femme de notre tempsle film de Jean-Paul Civeyrac qu’il a présenté à Locarno.

“Celui d’une femme déterminée qui s’est frayé un chemin dans un monde d’hommes et qui s’insurge contre un destin écrit par d’autres. L’existence de Juliane, commissaire de police de Paris, écrivain de noir, archer, est choqué par la douleur. Pour la perte de sa sœur, décédée à Tokyo. Pour la trahison de son mari et de la famille immigrée, elle essaie de se sauver d’un père violent ».

« Juliane suit une trajectoire précise. Du point A au point B. Comme les flèches, il tire pour relâcher la tension. Le tir à l’arc est une activité qui sollicite tout le corps. Lorsqu’elle change de cap, Juliane se donne à fond. Les femmes savent se radicaliser pour avancer, pour le meilleur ou pour le pire. Juliane découvre les lettres d’amour de sa sœur et ses certitudes s’effondrent. Utilisez les fusils, l’arc et le pistolet, que je déteste à la place. Il sait qu’il a tort, il va tout faire. Jusqu’au dernier aveu ».

En 2018, après avoir réalisé « Mrs Mills, le trésor d’un voisin », il s’accorde un moment de réflexion. Elle a expliqué: “Je ne suis pas déprimée, il est juste temps de ralentir.”

«La gestion est un travail dur et compliqué. Nous sommes très seuls. Vous avez beaucoup de personnes autour de vous qui partagent un projet avec vous : le dernier mot vous revient toujours, elles comptent toutes sur vous ».

Envisagez-vous de repasser derrière la caméra ?

« Pas pour le moment. J’écris, mais pas pour le cinéma ».

Après “Le Temps des pommes”, Gaumont lui fait signer un contrat de millionnaire.

F.vous un grand succès. Tout a commencé à partir de là. Un grand début. Pour beaucoup, je suis toujours Vic. Quand on m’a demandé à la Cinémathèque quel film je voulais voir, je l’ai indiqué. J’ai découvert ce monde merveilleux en y vivant. Je n’avais aucune attente pour moi-même, je n’ai jamais été cinéphile ».

Qu’est-ce qui a changé depuis ?

« Un set a duré 12 semaines, aujourd’hui la moitié. Les rythmes sont plus intenses, les technologies s’affinent, il y a plus de concentration, ce qui n’est pas une mauvaise chose. A l’époque, j’avais 15 ans, il m’appelait Francis Huster, le célèbre acteur de la Comédie-Française. Je ne le connaissais pas. Quand ils m’ont expliqué qui il était, j’ai dit : Ouah!“.

« Il m’a donné des conseils. Il a dit que je devrais étudier parce que le monde est plein de belles filles, mais jouer est une affaire sérieuse, ne le prenez pas à la légère. Je l’ai écouté : c’était une leçon très utile ».

Est-ce plutôt instinctif ou rationnel ?

« J’ai toujours fait confiance à mon instinct. Je n’ai pas peur d’être au chômage. Et je ne fais pas carrière : je ne peux pas et il faut trop appeler ».

Quelle est l’importance de l’effet virus sur la crise du cinéma ?

« La peur et les restrictions ont dépeuplé les cinémas. Néanmoins, le nombre de productions a augmenté. Beaucoup de films maintenant au cinéma ou en streaming : je ne sais pas comment les gens peuvent tous les regarder, c’est impossible ».

« Je pense que le cinéma peut le refaire cette fois. Huit mille personnes qui regardent un film ensemble, comme c’est le cas ici à Locarno, c’est une source d’espoir ».

12 août 2022 (changement 12 août 2022 | 22:04)

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