“La personne du milieu”, mais alors la politique préfère les individus (19/08/2022)

La personne au milieu. Une phrase prononcée par la quasi-totalité des protagonistes de cette campagne électorale estivale, une bonne explication en toutes saisons et pour cette raison dénuée de sa valeur et de sa pertinence. Un «chant» qui a créé dans la conscience et la perception de nombreux citoyens une dangereuse dépendance qui risque de faire en sorte que tout semble identique: une couche intermédiaire qui le rend non pertinent. Cependant, tel n’est pas le cas, il devient urgent de restaurer la radicalité et l’enracinement d’une affirmation chargée de responsabilité et qui appelle donc à l’approfondissement et à la restauration dans ses implications pratiques.

Contrairement à l’individu, la personne ne peut « être au centre » de son irréductibilité et de sa diversité que si elle est capable de s’exprimer intégralement et de « choisir » une perspective de réalisation. Le courant dominant économique et le paternalisme politique préfèrent s’adresser aux “individus” (porteurs de besoins ou de consommation) et moins aux “gens” qui veulent naturellement être heureux. C’en est une autre de demander à un citoyen « de quoi avez-vous besoin ? Lui demandant “qu’est-ce qu’une bonne vie pour toi?”. Deux questions sous-jacentes à la politique sociale (mais cela pourrait facilement s’étendre au travail, à l’innovation, au développement) tracent deux voies complètement différentes : l’une facilitant la prospérité et l’autre. En d’autres termes, on pourrait dire que se mesurer à la personne implique de prendre le risque d’une relation (c’est pourquoi il faut une motivation et pas seulement une compétence) et la capacité de répondre non seulement aux besoins mais aussi aux aspirations dont une personne est un porteur. Se mesurer avec la personne implique de se mesurer avec la personne et donc les politiques visant à mettre “la personne au centre” à l’épreuve des faits doivent être mesurées dans leur capacité à faire preuve de relationnalité, d’initiative, de solidarité, de lieux et d’innovation pour renforcer la personne est le protagoniste. Pour cela, nous avons besoin d’indicateurs capables d’orienter les choix et d’apporter la preuve (et non la propagande) des changements engendrés.

les dépenses du gouvernement, de facto, elle oriente le modèle de développement et doit donc être guidée par des indicateurs mesurables pouvant mettre en évidence des catégories de valeur sociale et citoyenne : des métriques essentielles pour quiconque se soucie du bien-être de son pays. Mutualiser ou ne pas mutualiser ? Vous liez ou divisez les habitants d’un quartier ? Peut ou aider? Dosez-vous ou ajoutez-vous? Vous démocratisez ou pas ? En « mettant l’humain au premier plan », la relation est mise au centre, ce qui postule concrètement une vision subsidiaire de la société et le rôle contributif de la communauté, l’intelligence collective, la citoyenneté active, l’entrepreneuriat. L’entreprise avant et non après, mais dans les faits et avec la preuve de ce qu’ils disent.

Nous avons besoin de politiciens qui se mesurent avec une thérapie et non avec un diagnostic fatigué. Il n’est plus tolérable d’interpeller instrumentalement la société civile en période électorale et de se tourner vers la société civile, un peu comme on le fait avec les périphéries (celles-ci trop brutalement “retournent au centre” lors des tours électoraux). On demande à la société civile une “attitude différente” dans cette campagne électorale, une approche qui ne sépare pas le pragmatisme de l’idéalité, le besoin du désir. Il faudrait plutôt demander aux politiques d’expliquer « comment » ils veulent mettre « la personne au centre » et surtout en nous faisant comprendre concrètement : au centre « de quoi » ? Encore une fois, pour être explicite, l’amélioration de l’employé ne concerne-t-elle que sa juste rémunération ou faut-il également repenser les modèles d’organisation et de participation pour rendre le travail de la personne transformateur ? Les pratiques de soins et de soins à domicile sont-elles au comptoir ou nécessitent-elles des alliances et des infrastructures sociales conçues avec le tiers secteur ? La sécurité est-elle une action de simple contrôle social ou la possibilité de repenser les lieux dans une logique favorisant la participation ? Les jeunes qui veulent rester à l’intérieur des terres peuvent-ils poursuivre leur avenir sur leur propre territoire ou sont-ils inévitablement destinés à chasser les courants qui traversent les grands centres urbains ?

Des questions qui appellent des réponses réalisables et réalistes (indiquant qui et comment les ressources sont récupérées) et pour sortir d’une vision déformée et diminuée de ce qu’est le “consensus”. L’heure est venue pour la société civile organisée de sortir de la tactique et de stimuler non seulement la connaissance des propositions programmatiques des différents acteurs, mais aussi leur nécessaire déclinaison concrète et la vision « anthropologique » et « sociétale » vers laquelle elles tendent. .

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