Rescripting d’image (2022) par Remco Van der Wijngaart

Le chemin “Réécrire les images” par Remco Van der Wijngaart décrit très clairement l’origine historique de la technique de rescripting d’images et son utilisation actuelle.

Publicité Est-il possible de réécrire des souvenirs d’événements passés et futurs afin qu’un résultat différent puisse se produire que ce qui s’est déjà produit ou pourrait se produire ?

La réponse de Remco Van der Wijngaart, psychothérapeute cognitivo-comportemental de l’International Society of Schema Therapy et auteur de l’essaiRescripting d’image, théorie et pratique » est affirmatif.

L’essai, édité par Giovanni Fioriti Editore, recueille un aperçu détaillé et approfondi de la technique derescrit d’image développé au sein du modèle de Schema Therapy, qui vise à explorer dans l’imagination une expérience passée ou future importante et à la ré-imaginer en “corrigeant” l’expérience émotionnelle douloureuse.

Cette technique thérapeutique gagne progressivement en popularité et acquiert de nouvelles preuves scientifiques éprouvées de son utilité et de son efficacité pour aider les gens à réattribuer un sens alternatif et plus fonctionnel aux expériences précoces d’abus, de négligence et de frustration des besoins fondamentaux.

Le modèle théorique sous-jacent à cette technique est celui de la thérapie des schémas, qui met l’accent sur le rôle de la relation thérapeutique comme outil fondamental pour le changement émotionnel et la récupération des expériences traumatisantes de l’enfance (Arntz et Jacob, 2013). En effet, dans la relation thérapeutique, à travers la figure du thérapeute, il est possible (1) de restituer des événements traumatisants de l’enfance dans lesquels l’enfant, devenu un patient adulte, a vécu une frustration de ses propres besoins émotionnels fondamentaux aux mains de le parent et (2) de réécrire en imagination, à travers l’intervention du thérapeute, le déroulement du même.

Les possibilités de “réécrire” le déroulement d’une expérience négative avec l’imagination sont infinies et imaginatives, comme le potentiel de l’imagination elle-même est infini et imaginatif : les antagonistes de la scène enfantine restaurée peuvent être déjoués, les victimes réconfortées, secourues et soignées avec compassion à la fois de la partie adulte saine du patient et du thérapeute qui “s’insinue” dans la mémoire de la personne pour restructurer cognitivement l’événement passé, l’aidant à reconnaître, valider et exprimer ses besoins, accepter la réalité et un processus de traitement de ses propres souffrance émotionnelle.

L’essai de Van der Wijngaart (2022) décrit très clairement l’origine historique de la technique derescrit d’image des années 1980, où les premières techniques d’imagination et de visualisation commençaient déjà à s’imposer dans le paysage cognitif et comportemental, jusqu’à l’introduction de la technique dans divers protocoles de traitement du trouble de stress post-traumatique (Ehlers et al., 2000) , anxiété sociale (Clark et al., 2006), cauchemars et troubles de la personnalité (Young et al., 2003). L’auteur fournit également une revue complète des méta-analyses et des études clés prouvant l’efficacité de cette technique dans les protocoles thérapeutiques pour le soulagement des symptômes.

Publicité La partie la plus substantielle et intéressante de l’essai est consacrée à l’explication de l’application de la technique, illustrée par des vignettes de cas cliniques qui représentent bien les étapes et les différentes étapes de mise en œuvre dans les différents moments du parcours thérapeutique – de l’évaluation diagnostique à prévention des rechutes ; tout cela pour permettre au lecteur compétent d’utiliser cet outil dans sa pratique clinique.

Le lecteur est guidé par la main dans l’apprentissage de la technique et dans sa familiarisation à travers des “additionneurs d’intervalles” spéciaux, à partir de l’examen de la souffrance actuelle rapportée par la personne associée à une douleur qui a ses racines historiques dans son histoire d’enfance.

Des listes de questions et consignes sont fournies dans cet ex-cours pour comprendre le moment le plus approprié pour mettre en œuvre la technique et les besoins sur lesquels se concentrer, pour restituer l’événement principal et réécrire l’expérience subjective de la personne dans ce même événement.

De plus, des conseils sont donnés pour surmonter certains des obstacles les plus courants qui peuvent survenir chez les personnes mal entraînées dans l’imagination ou qui sont fortement activées émotionnellement par l’effort.

À mon avis, la dernière partie de l’essai mérite une mention spéciale car elle se concentre sur la possibilité d’utiliser la technique derescrit d’image également pour anticiper et se préparer à des événements futurs, qui ne se sont pas encore produits mais qui sont potentiellement problématiques et peuvent activer d’anciens schémas, croyances, réactions et comportements peu utiles. Cette possibilité est offerte par le fait que l’anticipation d’un événement futur active les mêmes régions du cerveau impliquées dans la visualisation des événements passés (Schacter et al., 2012) ce qui favorise la réélaboration et la motivation au changement : en effet, la visualisation de réactions et de comportements alternatifs qui n’ont pas encore eu lieu et qui peuvent être mises en action dans une situation activatrice permettraient d’en ressentir les effets à l’avance, de faciliter la résolution de problèmes pour d’éventuelles difficultés, et d’obtenir des avantages et des « satisfactions » émotionnelles après le nouveau répertoire imaginé.

L’essai de Van der Wijngaart est recommandé aux lecteurs compétents, curieux et intéressés par l’application de cette technique chez leurs patients, même en dehors d’une spécialisation structurée dans le cadre de la schémathérapie.

Recommandé par les éditeurs

Bibliographie

  • Arntz, A. & Jacob, G. (2013). Thérapie des schémas en action. Théorie et pratique. Institut des sciences cognitives.
  • Clark, DM, Ehlers, A., Hackmann, A., McManus, F., Fennell, M., Gray, N. & Wild, J. (2006). Thérapie cognitive versus exposition et relaxation appliquée dans le trouble d’anxiété sociale : un essai contrôlé randomisé. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 74(3), 568.
  • Ehlers, A., & Clark, D.M. (2000). Un modèle cognitif du trouble de stress post-traumatique. Recherche comportementale et thérapie, 38(4), 319-345.
  • Schacter, D.L., Addis, D.R., Hassabis, D., Martin, V.C., Spreng, R.N. et Szpunar, K.K. (2012). L’avenir de la mémoire : se souvenir, imaginer et le cerveau. Neurone, 76(4), 677-694.
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