Moby Prince, rapport Ris autre que 1992 : ‘Il n’y avait pas de bombes à bord’

Mer, marins, passagers et morts. Un autre chapitre est sur le point d’étoffer le déjà volumineux livre noir des mystères italiens. Les premiers extraits du rapport du RIS semblent rejeter le rapport remis en février 1992 par l’ancien agent du SISMI Alessandro Massari. “Il n’y avait pas d’explosifs à bord du ferry Moby Prince et les artefacts ont été contaminés de l’extérieur.” La vérité, ou une grande partie de celle-ci, pourrait enfin être illustrée demain à 15 heures au Palazzo Macaluto à Rome, où le rapport final des nouvelles enquêtes sera présenté à la demande de la commission d’enquête parlementaire présidée par le député Pd. Andréa Romanoaprès la lettre dans laquelle Mario Draghi a précisé qu’il n’y avait pas de secret d’État, lui donnant accès à des documents cachés pendant trente ans.


C’était en fait le soir du 10 avril 1991, lorsque le traversier Moby Prince, propriété de NavArMa, est entré en collision avec le pétrolier Agip Abruzzo dans la baie du port de Livourne. A bord 75 passagers et 66 marins, dont 22 de Campanie. Tous sont morts dans les flammes sauf… Alexandre Bertrandun cuisinier d’Herculanum, grièvement blessé et malade depuis longtemps.

La commission d’enquête parlementaire a également ordonné la prise de photos satellites du trafic maritime de cette terrible nuit : à côté du Moby Prince en partance pour Olbia, transportant des couples en lune de miel avec son équipage, des familles avec enfants pour leur premier voyage en mer, des ouvriers rentrant chez eux , dans le port se trouvaient également Agip Abruzzo et sept navires militaires revenant du golfe Persique, dont cinq américains. Enfin, la bobine sur laquelle sont enregistrés les dialogues entre le Moby et la Capitaneria, et les maydays du commandant Chessa est examinée par les experts : “Nous serons à Rome pour lire la commission – dit-il Luchino Chessa, médecin et professeur d’université, fils d’Ugo, le capitaine du ferry où se trouvait sa mère ce soir-là – Depuis quelques années, nous, les parents, essayons de donner notre avis aux magistrats, mais nous nous sommes rendu compte dès le premier instant que nous ‘c’était une adresse pour aller dans une seule direction – ajoute-t-il – Et ainsi sont nées toutes ces vérités pratiques, du brouillard à la distraction. Malheureusement, dans l’imaginaire collectif, c’était considéré comme un petit accident, une croyance qui dirigeait un peu tout. Même le propriétaire Vincenzo Onorato, à l’exception des premiers instants, ne nous a pas réconfortés. Ce désastre doit être appelé par son vrai nom : massacre. Jusqu’à présent, il y avait deux hypothèses : bombe à bord ou perturbation de la route Moby, ce qui était, bien sûr, entre le ferry et Agip Abruzzo. J’espère que c’est aussi le bon moment pour laisser tomber le fardeau que ma famille porte depuis trois décennies, car cela a également été considéré comme une erreur par le commandant ».

Comme lui, des dizaines de membres de sa famille attendent des certitudes : “Nous espérons être parvenus à la vérité”, dit-il Giuseppe Tagliamonte, frère d’un marin d’Herculanum mort dans un incendie, représentant des familles des victimes du Sud – Aucun de nous n’a jamais cru à l’hypothèse de l’accident. Maintenant, il faut identifier les coupables ».

Alors demain les conclusions signées par le colonel de la police du Ris Adolfo Grégoire, qui a pu utiliser des technologies qui n’existaient pas au moment de l’analyse précédente et qui permettent désormais de révéler avec certitude qu’il n’y avait pas d’explosif sur le ferry et que celui retrouvé en 1991 sur les trouvailles faites par l’expert analysé Massari est le résultat de “traces claires de contamination externe due à une mauvaise conservation”. Les artefacts, qui ne présentaient initialement aucune trace d’explosifs, ont ensuite été contaminés, selon RIS, concluant à tort qu’il y avait de la poussière noire sur le ferry. Bref, il n’est pas exclu que ceux qui ont manipulé ces objets aient eu les mains souillées d’explosifs.

Des doutes et des secrets qui pourraient être levés demain, ainsi qu’une longue série de conjectures, comme l’hypothèse d’un commerce d’armes et d’explosifs à bord, qui révèle même l’ombre de la Cosa Nostra.

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